Hokkaido, le chemin de la mer du Nord

Ce voyage ne sera pas un trek en terre inconnue comme je l’ai fait cet été, mais presque tout comme, sauf que je connais la destination: Hokkaido et que notre voyage se fera en voiture et non à pied. Philippe a tout organisé et je ne connais pas du tout le programme. Ce sera la surprise au jour le jour.

Hokkaido, proche de la Sibérie, est connue pour ses hivers rigoureux et la qualité de sa neige qui est réputée pour être la meilleure au monde (elle est qualifiée de "Champagne Powder" par les skieurs en raison de sa texture fine et aérienne, on dirait du sucre en poudre)

Les jours précédents notre départ, de violentes tempêtes de neige se sont abattues sur Sapporo et nous nous attendions à affronter des routes enneigées, voir impraticables et des températures très basses. Mais les dieux de la météo ont été cléments avec nous et nous allons bénéficier de très bonnes conditions (le plus froid sera à -15 degrés lorsque nous serons au centre de l’île)

Mais un tel voyage se mérite car le trajet demande pratiquement 15h pour arriver à destination, le survol de la Russie étant interdit, le vol aller passe par le Sud et le vol retour passe par le Pôle.

Premier vol Paris-Tokyo, où nous croisons Godzilla qui accueille les visiteurs, puis vol domestique pour Sapporo, où nous récupérons la voiture. Le voyage peut commencer. Mon chauffeur va devoir apprivoiser la conduite à gauche, les routes verglacées, les panneaux écrits en japonais et les feux de la circulation horizontaux, situés après le carrefour.


Les deux premiers jours: Sapporo

Découverte de la ville, qui en fait ne présente pas un grand intérêt . Cette ville dont la construction date du XIXème siècle, est organisée en damier comme certaines villes américaines et son centre, composé d’immeubles, comporte de nombreux passages abrités, appelés shotengai, qui sont en fait des rues commerçantes couvertes. La plus grande galerie de Sapporo est Tanukikoji Shotengai et elle fait environ 1km de long. Ces passages regorgent de bars, de brasseries artisanales, de restaurants avec des vitrines présentant les plats (sous forme de sampuru, faux plats en plastique, véritable réplique du plat proposé), de commerces, de drugstores où l’on trouve pleins de surprises, de boutiques de gadgets… et toutes sortes de surprises….

Entre autre, à la sortie d’un magasin, un spectacle de rue de Taïko (Taïko désigne les différentes sortes de tambours au Japon. Le Taiko traditionnel, en bois, est en forme de tonneau dont une ouverture est recouverte par une peau de daim ou de cheval. Ces instruments sont joués avec des baguettes courtes ou des mailloches.


Sapporo en Février, c’est aussi le festival de la neige qui a lieu tous les ans: le Yuki Matsuri se déroulant sur trois sites de la ville.

Il a débuté en 1950 avec quelques sculptures faites par des étudiants japonais, a grandi au fil des années et s’est fait connaitre au moment des jeux olympiques en 1972. C’est devenu un des festivals japonais le plus impressionnant, qui attire maintenant plus de 2 millions de visiteurs.

Des sculptures de neige de plus de 10 m de haut s’alignent le long du Parc Odori. Représentant des héros de manga, des bâtiments célèbres. Ces sculptures sont impressionnantes par leurs précisions et leur apparences semi réelles. Le soir, elles s’illuminent et se couvrent de mapping.


Sur le site de Susukino, des sculptures de glace sont réalisées avec la plus grande minutie. Elles jalonnent la rue commerçante et offre aux visiteurs un véritable musée en plein air sous la lumière des néons des boutiques et l’effervescence de la rue.

L’environnement étant très urbain et très fréquenté, il est difficile de mettre en valeur ces œuvres et les photographies ne présentent pas un grand intérêt artistique, c’est juste pour voir à quoi ça ressemble mais il ne faut pas venir à Sapporo uniquement pour ça car vous risqueriez d’être déçus.


Le lendemain, nous continuons de parcourir les rues de Sapporo sur des trottoirs enneigés et hyper glissants. Des distributeurs jalonnent les trottoirs et nous avons mis du temps à comprendre ce qu’ils contenaient. En fait, ce sont des sachets de sable que les japonais utilisent pour éviter de glisser.

A Sapporo, Il n’y a pas de vieux quartiers comme dans les villes du sud du Japon, mais essentiellement des immeubles sans âme, ornés d’énormes panneaux publicitaires et sans aucun intérêt architectural.


La région d’Hokkaido est connue pour avoir la meilleure qualité des produits de la mer dans tout le Japon ! C’est notamment dû au fait que les eaux qui entourent l’île sont extrêmement riches en poissons et fruits de mer.

Un des meilleurs endroits pour s’en rendre compte est le marché de Nijo. C’est un endroit riche en couleurs et en odeurs de la mer, rythmé par les cris des vendeurs de poissons et où les prix des produits défient toute concurrence !! Et s’il y a une spécialité qui se démarque au marché de Nijo, c’est sûrement le crabe. On peut en effet y trouver le crabe royal, qui se distingue par sa couleur rouge vive et sa taille démesurée, et le crabe d’Hokkaido, plus petit et plus savoureux, particulièrement apprécié par les japonais. Pour satisfaire les touristes, les marchands proposent de choisir un crabe et de le cuisiner sur place. Nous n’allons pas nous en priver, un régal ….


Quelques monuments à voir à Sapporo:

La Sapporo Clock Tower, construite en 1858, c’est un des symboles de la ville de Sapporo. Son architecture de style occidental s’explique notamment par le fait que les États-Unis ont soutenu le développement de Sapporo à cette époque. Aujourd’hui, la Clock Tower de Sapporo est devenue un musée.

Le bâtiment de l’ancienne préfecture, la préfecture rouge, surnommée "akarenga" (briques rouges), qui a nécessité près de 2,5 millions de briques made in Hokkaido pour être réalisé


Sapporo: ses rues lumineuses, ses enseignes monumentales et son effervescence nocturne


Jour 3: Parc National Shikotsu-Toya- lac Toya

On quitte la ville pour nous rendre au Lac Toya.

Mais auparavant, nous faisons une halte surprise chez Ioan et Noriko à la Homestead Hokkaidian pour un atelier culinaire autour de la “sea food”.

Au menu soupe de légumes avec potiron, pad choy, oignon, sikaté et carottes (uniquement des produits locaux provenant des fermes environnantes)

Coquilles saint Jacques, crabe

Porc de la ferme avec légumes grillés

Compotée de pommes

Après un verre d’accueil à base de grenade, de vinaigre d’ Ume et d’eau gazeuse, Ioan commence par nous expliquer l’importance de la mise en place à la japonaise de tous les ingrédients, soigneusement lavés, pesés et disposés dans des petits plats individuels. Puis nous procédons à la découpe des légumes, des poissons et nous apprenons la technique de coupe avec de véritables couteaux japonais, en appliquant un angle de coupe spécifique pour obtenir des tranches fines et régulières.

Ioan nous explique que la cuisine japonaise est un véritable art, elle est caractérisée par son élégance, sa précision, son respect des ingrédients et la recherche de l’équilibre des saveurs (sucré, salé, amer, acide et umami, cette cinquième saveur si caractéristique, au cœur de nombreuses préparations)

 

Un régal pour les yeux et les papilles, le tout dans un environnement très agréable avec une cuisine de professionnel, des hôtes charmants qui nous reçoivent dans une magnifique pièce baignée de lumières douces tamisées par les parois transparentes des murs, et surtout la présence de Hobby, le jumeau de Tosca qui surveille chacun de nos gestes.

 

Nous quittons nos charmants hôtes pour rejoindre notre hôtel situé au bord du Lac Toya dans le Parc National de Shikotsu-Toya (en référence aux noms des deux lacs de caldeira se trouvant dans le parc: le lac Shikotsu, deuxième lac le plus profond du Japon avec 265 mètres, entouré de volcans actifs et le lac Toya, un lac pittoresque avec une île centrale, encadré par le volcanique mont Usu.) Ce lac Toya,abrite une célèbre station thermale au bord du lac, et accueille de nombreux touristes, principalement une clientèle chinoise, ce qui signifie que le village est composé de grands complexes hôteliers, impersonnels, sans l’ambiance japonaise si particulière.

Nous sommes bien loin des ryokans avec onsen que nous avions testé lors de nos précédents séjours au Japon. Nous logeons à l’hôtel Toya Kohan Tei qui propose des chambres traditionnelles. Une caractéristique commune avec les chambres de style japonais: Des tatamis au sol avec un sas d’entrée où les chaussures doivent être enlevées avant d'entrer par une autre porte de style japonais dans la pièce composée d’une table basse et de deux petits fauteuils. Les futons sont conservés dans une armoire et sont dépliés au moment où nous prenons le repas.


Jour 4: Parc National de Shikotsu-Toya- Noboribetsu

Jigokudani, ou la Vallée de l’Enfer, est un site géothermique célèbre pour ses sources chaudes bouillonnantes, ses cheminées de vapeur sulfatée, et ses paysages colorés.

Avec son paysage lunaire aux odeurs de souffre, la vallée de l’enfer porte bien son nom. C’est un lieu incontournable, mais la majorité des sentiers sont fermés à cause de neige, ce qui nous empêche d’explorer le lieu. Nous profitons malgré tout de l’odeur caractéristique et nous bravons les démons Oni, protecteurs de la montagne, jalonnant le site et rappelant aux visiteurs qu’ici, on respecte avant tout la force des éléments.

 

A proximité, le village Onsen, bâti non loin des sources naturelles, abrite un grand nombre d’hôtels, proposant aux résidents des bains traditionnels. Mais ce village ne présente aucun charme, nous passons la nuit dans un de ces hôtels, dans une chambre traditionnelle, appelée washistu et profitons d’un magnifique onsen (photo interdite) . Dans ce genre de séjour, le rituel est simple: bain, puis repas traditionnel vêtu du yukata fourni par l’hôtel avant de retrouver la chambre, équipée des futons.

Au Japon, le bain chaud (appelé onsen) est bien plus qu'un simple moment de détente. Le bain dans un onsen est réputé pour ses bienfaits sur le corps et l'esprit, et à juste titre: riches en minéraux, ces eaux sont connues pour soulager les raideurs musculaires, apaiser les douleurs et abaisser la tension artérielle, tout en stimulant la circulation et en laissant la peau douce et soyeuse. Mais la magie ne réside pas uniquement dans l'eau. Les onsen, souvent conçus avec des matériaux naturels et dans des cadres paisibles comme des jardins traditionnels, des vues sur les montagnes et des rocs enneigées, constituent une détente incomparable, permettant de se déconnecter du monde extérieur et de se reconnecter à soi-même. C'est un rituel profondément ancré dans la culture, transmis de génération en génération. Pratiqué chaque soir, il symbolise la purification du corps et de l'esprit avant le repos nocturne.


J5- Kushiro

Nous reprenons la route pour nous rendre à Kushiro, là où vivent les grues à couronne rouge. Nous faisons de nombreuses haltes pour faire des photos sur la route.

Le paysage devient plus sauvage avec de grandes étendues vierges recouvertes de neige, dominées par les montagnes volcaniques avoisinantes. Il y a des monts Fuji partout !!!

Petit détour pour nous rendre sur la côte, près de l’embouchure de la rivière Tokachi, qui se transforme en hiver en une galerie scintillante d’œuvres d’art naturel, connues sous le nom de bijoux de glace. Ces formations de glace sont crées lorsque la glace, formée dans la rivière, se jette dans l’Océan Pacifique. Malheureusement, les températures n’étant pas suffisamment basses, il n’y a plus aucun blocs de glace sur la plage; juste un petit survivant que nous avons quand même pris en photo

Traversée de petits villages de pêcheurs, perdus au milieu de ces grandes étendues et qui semblent complètement abandonnés.


La ville de Kushiro séduit moins par son patrimoine culturel que par son atmosphère portuaire, elle est en revanche réputée pour offrir l’un des plus beaux couchers de soleil du pays, à admirer depuis le pont emblématique de Nusamai-bashi.

L’architecture rigoureuse de la ville et les températures glaciales, nous donnent l’impression d’être en Russie plutôt qu’au Japon. Heureusement, il persiste un vieux quartier, le quartier Suehirosha, fidèle à l’image que l’on se fait du Japon, avec ses ruelles faiblement éclairées, encombrées de fils électriques, ses restaurants reconnaissables grâce aux petits rideaux accrochés à l’entrée en guise d’enseigne (on les appelle des noren), les fenêtres éclairées, les nombreux distributeurs de boissons dans des endroits improbables, des parkings éclairés uniquement par le distributeur…


Le soir, nous dinons au restaurant emblématique de Kushiro, le Robata, tenu depuis des décennies par une vieille dame qui propose une cuisine autour du robatayaki (technique locale de grillade lente au charbon). Installée devant son grill, elle élabore les menus à base de produits de la mer fraîchement péchés, sous les yeux des clients installés au comptoir. A elle seule, elle gère une douzaine de clients sans que l’on ait besoin d’attendre!!!


J6- Kushiro

Le lendemain, après une courte nuit nous nous rendons sur les sites de nourrissage des grues. Suivant les conseils d’un ami photographe qui nous a conseillé d’arriver tôt, nous nous levons à 4H pour assurer. Quelle bonne idée!! Seuls sur place, nous avons fini notre nuit dans la voiture et c’est seulement vers 8h que les photographes ainsi que les grues sont arrivées. On saura pour demain que l’on peut faire une grasse matinée.

Tsurumidai: Premier site d’observation des grues à couronne rouge (tanchō en japonais)

Cette espèce en voie de disparition a été préservée grâce à l’initiative des fermiers de la région qui, depuis 1962, leur ont crée un sanctuaire en les protégeant et en leur fournissant de la nourriture pendant la période hivernale.

Nous passons un long moment à les observer et nous assistons à leurs danses très gracieuses et élaborées, un spectacle fascinant de courbettes, de sauts et de battements d’ailes. Pour le mâle, c’est toute une chorégraphie pour séduire sa belle: “je saute en l’air, je déploie mes ailes pour montrer ma force, je rejette la tête en arrière en laissant sortir un son guttural destiné à séduire, je me rapproche de ma belle, je la frôle, je la regarde, et je chasse tout intrus qui voudrait s’immiscer dans ce dialogue de séduction…”. Plus qu’un simple rituel de séduction, cette danse renforce les liens qui unissent les tanchos pour la vie. Même les couples, établis de longue date, continuent à l’exécuter, réaffirmant leur connexion, année après année, mais leurs mouvements sont aussi une forme de communication, de jeu et un moyen de s'exprimer.

Au final quelques centaines de photos , l éditing est difficile !!!


J7- parc national Akan-Mashu- Lac AKan

Un dernier passage d’observation des grues avant de quitter Kushiro , nous allons à Tsurui-Ito Tancho Sanctuary: un autre site de nourrissage, initié par les habitants de la région en 1962. La distribution de nourriture, composée de maïs, est distribuée en hiver et ajustée en fonction du nombre d’oiseaux présents.

Moins de photos le deuxième jour car je n’ai pas fait attention à mes réglages, au lieu d’être en prise continue, mon appareil était réglé sur une fonction de bracketing drone, complètement inutile dans ce cas et je m’en suis aperçue tardivement.


Puis nous poursuivons notre périple en direction de Ainu Kotan, un village traditionnel Aïnou, au bord du lac Akan où vivent une centaine d'aïnous. Ce peuple indigène habite le Nord de l’île et leur culture ancienne est caractérisée par une langue unique, des croyances religieuses axées sur un profond respect de la nature, des danses traditionnelles et des rituels d'envoûtement. En nous promenant dans le village, nous sommes frappés par l’importance culturelle de cet endroit. Les magasins regorgent de sculptures raffinées représentant des hiboux, des aigles et d’autres animaux, chacune reflétant le lien spirituel profond qui unit les Aïnous à la nature. Nous passons deux nuits à La Vista Akangawa, un luxueux refuge situé dans la forêt au bord d’une rivière à proximité du lac, au milieu d'un parc abritant de nombreux cerfs et biches.


 

Déjeuner avec un excellent ramen aux fruits de mer dans un petit restaurant tenu par un aïnou qui semble un artiste connu de la communauté, au vu des nombreuses affiches qui placardent les murs (j’ai oublié de faire une photo mais on les voit sur la vidéo))


Malheureusement le site est aussi très touristique et de nombreuses activités annexes polluent cet endroit (scooter des neiges sur le lac gelé, luge, tentes sur le lac pour la pêche, voitures stationnées sur le lac, attractions pour les enfants, musique dans des hauts parleurs ..)


Après cette longue journée, voici venu le temps du réconfort: nous rejoignons notre magnifique chambre donnant sur la rivière, encore quelques photos de pose lente puis Philippe se prépare pour le traditionnel bain, équipé de son petit panier fourni par l’hôtel, le masque pour le visage, les chaussettes blanches (tabi), les sandales , le yukata et la sur-veste. Mais attention, le Yukata se portant comme une robe de chambre,il faut veiller à ce que le côté gauche s’enroule sur le côté droit. Cette étape est cruciale, car le croisement inverse est réservé aux funérailles. Ensuite, direction restaurant , libérant ainsi, la chambre et permettant au personnel d’installer les futons.


J8- Parc national Akan-Mashu- Lac Mashu


Réveil devant la vue apaisante de la rivière qui coule sous notre fenêtre dans la lumière du matin, suivi d’un petit déjeuner japonais, face aux biches qui cherchent désespérément de la nourriture sous le neige. Cet endroit est incroyable !


 

Direction le lac Mashu, magnifique lac de caldéra, célèbre pour la couleur de son eau, le « bleu Mashu », une teinte soutenue due à ses eaux incroyablement claires et profondes. Avec au premier plan, les arbres qui se dressent comme des sculptures gelées, leurs branches recouvertes d’une fine couche de glace. Paysage à couper le souffle, même si nous n'avons pas pu aller là où nous voulions car la route est fermée.

À défaut d'emprunter la route en voiture, nous l'empruntons à pied mais nous sommes vite obligés de faire demi tour car nous enfonçons trop dans la neige fraîche

 

Ensuite nous nous rendons vers un autre lac dans les environs pour aller observer les cygnes chanteurs, également très gracieux et d’une grande douceur. iIs profitent des sources d’eau chaude durant l’hiver, sous les yeux des habitants venant profiter de l’ onsen situé juste à coté. Le cygne chanteur doit son nom à ses nombreuses vocalisations, il est en effet assez bruyant et émet régulièrement des sons et ce n’est qu’en hiver que le cygne chanteur peut être observé à Hokkaido.

Le cygne chanteur ne doit pas être confondu avec le cygne tuberculé. La couleur du bec permet de faire la différence entre les deux espèces. En effet, si le bec du cygne tuberculé est orange, celui du cygne chanteur est jaune avec la pointe noire.

Dommage, nous n’avons pas amené de serviettes, nous ne pourrons pas profiter des eaux chaudes de cet onsen.


J9- Péninsule de Shiretoko

Nous quittons ces magnifiques cygnes pour reprendre la route avec de nombreux arrêts!!

Direction le Nord-Est pour rejoindre le parc national de Shiretoko, un des parcs nationaux les plus beaux et les plus préservés du Japon (il a été ajouté en 2005 à la liste des sites du patrimoine mondial). Cette région est l’un des endroits les plus sauvages du Japon, sur la pointe de la péninsule, sur plus de 50km, il n’y a aucune route et seule la nature règne en maitre sur ces terres sauvages La pointe ne peut être vue qu’en bateau ou être atteinte lors de randonnées de plusieurs jours.

Les voyageurs en visite pour la première fois pourraient s’interroger sur la signification du terme « shiretoko ». Ce dernier provient du mot « sir etok » en aïnou, qui signifie « l’extrémité de la Terre » ou « l’endroit où la Terre sort ». Shiretoko abrite une faune importante et une flore diverse, comprenant notamment des renards, des cerfs, des ours bruns.

En hiver, la côte de la péninsule, le long de la mer d’ Okhotsk se charge de glaces dérivantes (ryuhyo) provenant du fleuve Amour de Russie (frontière naturelle entre la Chine et la Russie). Cette glace flottante vient s’écouler dans le détroit situé en face de l’île Sakhaline, déversant ainsi ses blocs de banquise qui vont progressivement se répandre dans la mer d’ Okhtosh et arriver aux large des côtes d’ Abashiri dès fin Janvier. Cette glace attire alors de nombreux oiseaux marins, dont les majestueux pygargues de Steller.


La pêche est l’activité principale à Utoro. Le port de Utoro très actif en été, se met à l’arrêt dès que la banquise se forme.

Lorsque le printemps arrive, les préparatifs pour la pêche au filet fixe commencent. Chaque filet mesure 2km et de grandes grues sont utilisés pour réparer et préparer les filets, un processus qui dure environ 3 mois. Les marées rapides et les fonds marins abrupts nécessitent des techniques spéciales, notamment la pose de filets fixes sous marins par des équipes de pêcheurs ayant suivi une formation spéciale. Quinze lignes de filets fixes sont posés dans la zone marine, chacune pouvant capturer plus de 40 tonnes de poissons par jour pendant la saison de pêche en automne et il n’est pas rare que les prises quotidiennes dépassent 500 tonnes.

80% des prises locales proviennent des filets fixes.

Le saumon kéta est la principale espèce pêchée, suivi du saumon rose. Il y a également des maquereaux, des morues, des poulpes, des crabes, des coquilles saint jacques, des calmars… En tout, huit variétés de saumon sont pêchées dans la zone maritime de Shiretoko. La région consacre ses efforts à des programmes d’élevage et de remise à l’eau des saumoneaux afin d’assurer la stabilité des prises tout en préservant l’environnement naturel.

Pour garantir la fraîcheur, la rapidité est essentielle, presque tous les poissons pêchés tôt le matin sont expédiés avant midi. Après avoir été péchés, les poissons sont refroidis dans la glace pendant leur transfert vers le port, sont transportés dans des bacs et ensuite dirigés vers les usines de transformation.


J10- J11- Péninsule de Shiretoko

Marche sur la banquise

Changement de temps, les températures sont brutalement remontées, passant de -10 à +8 degrés et cela risque de compromettre notre marche sur la glace car les blocs s’éloignent vers le large.

Nous allons cependant pouvoir marcher sur la banquise avec des combinaisons étanches et sèches (l’eau est à -3 degrés) mais vu les conditions de glace, les blocs se sont détachés les uns des autres et sont devenus très instables. Nous allons pouvoir tester les équilibres ! De nombreuses chutes sont à déplorer dans l’eau et il faut veiller à ne pas se faire piéger par les blocs qui bougent et se rapprochent les uns des autres, risquant alors de nous emprisonner.



Sortie wild life à la recherche des aigles.

La région d’ Abashiri est célèbre pour l’observation hivernale de rapaces majestueux, notamment le pygargue de Steller et le pygargue à queue blanche dont l’envergure des ailes peut atteindre 2,5 mètres.

Ces aigles marins sont observés le long de la côte de la mer d’ Okhotsk et près des glaces dérivantes. Je ne rapporterai que le certificat d’observation car les aigles étaient trop éloignés pour les photographier correctement.

cette photo n’est pas de moi mais c’est pour montrer à gauche un jeune pygargue à queue blanche et à droite un pygargue Steller adulte

 

Alors que nous cherchons désespérément les aigles dans les arbres, au dessus de nos têtes, j’octroie une pause pour na nuque et me retourne vers la banquise pour photographier les marcheurs. Arrivée à la maison en regardant mes photos, je découvre qu’il y avait sur la glace un aigle, je ne l’avais pas vu. Quel dommage, il était tout près, facilement photographiable avec le 500mm!!

Comme quoi l’œil du photographe doit tout scanner et regarder dans toutes directions, et ne pas rester seulement sur son sujet. Bonne leçon d’humilité.

 

J12- Sunkyo

Nous quittons Shari en reprenant la route empruntée deux jours auparavant. Les conditions météo ont de nouveau changé durant la nuit, les températures sont devenues glaciales et la mer s’est recouverte de glace en une nuit.


image @nippon voyage

En s’éloignant de la côte, on arrive dans une région très agricole, comme le prouvent ces immenses étendues de neige recouvrant les champs de culture, et ces nombreuses fermes aux toits colorés. Contraste entre les zones surpeuplées du Sud du Japon, et ces zones agricoles où la densité ne dépasse pas les 37 habitants au Km2.

Un aperçu de la région en été: ces espaces immaculés en hiver, deviennent des champs de fleurs géants, qui étalent leurs rayures de couleurs. Les japonais, habitués aux reliefs accidentés et aux micro parcelles du reste de l’archipel, sont friands de ces paysages vallonnés et colorés. L’été, ce sont des hordes de touristes qui viennent visiter la région .


Ensuite, nous retrouvons le Japon sauvage avec le Parc National de Daisetsuzan. (Son nom signifie "grandes montagnes enneigées", faisant ainsi écho aux cinq montagnes dont il est composé). Cet endroit est qualifié de paradis blanc arctique à Hokkaido, il est célèbre pour ses chutes de neige abondante et son froid extrême avec des températures atteignant -20 degrés.

Nous passons la nuit dans l’hôtel de Sunkyo


J12- Retour sur Sapporo

Le magnifique lac Aoike dont l'image, à titre purement anecdotique, a été utilisée comme fond d'écran sur les ordinateurs Apple, doit son nom à sa couleur bleu profond, dues aux minéraux naturels dans ses eaux. Devenu un lieu touristique, “instagramable” , le site accueille de nombreux touristes '( chinois essentiellement) l’étang fait partie d’un système de contrôle de l’érosion qui a été construit pour empêcher des dommages dans la région de Biei en cas d’éruption par le mont Tokachidake à proximité.

ça, c’est le lac tel qu’on l’a vu

ça, c’est le lac que l’on espérait voir

@copyright japon voyage


Une petite série que je rêvais de faire sur les arbres, Hokkaido est l’endroit idéal pour le faire avec ces grands espaces vierges de toute trace humaine. En été, la culture florale colore ces vallons et ces grandes étendues deviennent des palettes de couleur, les champs se couvrent de tulipes, de colza, de coquelicots, de lupins, de lavande….. offrant un agréable paysage complètement différent.


Deux derniers jours à Sapporo

Passage à Otaru, connu pour son canal, creusé au début du XXᵉ siècle pour faciliter le déchargement des marchandises venues de la mer du Japon.

C’est aujourd’hui un endroit très touristique.

A voir: le canal bordé d’anciens entrepôts de pierre transformés en cafés, boutiques et la rue principale jalonnés de multiples magasins et ….

Le musée des boîtes à musique d’Otaru est situé dans un entrepôt historique rempli de milliers de boîtes à musique. Il attire de nombreux chinois et fait le bonheur des enfants qui peuvent eux même construire leurs boites à musique avec la musique de leurs choix et le format qu’ils souhaitent.

 

 

Un peu plus loin sur la côte, loin des touristes, les jolis cailloux d’ Ebisu et de Daikoku qui se baignent dans la Mer du Japon. 

Ces deux rochers – iwa – sont des shintai : à l’intérieur de ces entités physiques résident des êtres spirituels. A gauche se trouve Ebisu, représentant le Dieu des pêcheurs, à droite Daikoku représentant le Dieu de la richesse .Les deux vous apporteront fortune même si cela ne semble pas vraiment le cas pour le village environnant.

 

Retour sur Sapporo avec la neige qui recommence à tomber et redonne à la ville cette ambiance si sympathique. Nous écourtons notre rituel bain dans le onsen pour sillonner les rues de la ville, armés de notre appareil photo. Il est 17h30 et la nuit test déjà tombée sur Sapporo, les japonais s’empressent de rentrer chez eux et de fuir le vent glacial qui s’abat sur la ville, alors que d’autres préfèrent retrouver la chaleur réconfortante d’un restaurant


Dernier jour, une grosse tempête s’abat sur Sapporo ce qui va compromettre notre retour car notre vol va être annulé. Heureusement nous ne l’apprendrons que plus tard, ce qui nous permet de profiter sereinement de cette dernière matinée.

Tout d’abord, quelques photos dans les rues enneigées.


Sur le chemin de l’aéroport , on va s’arrêter sur la colline de Bouddha.

Le cimetière de Makomanai Takino, là où se trouve le Bouddha, surprend déjà par sa superficie : il mesure plus de 180 hectares. Situé en pleine nature aux environs de la ville de Sapporo, il offre une perspective unique et fort étrange. Ce sont d’abord des répliques de Moai, les célèbres statues de l'île de Pâques, avec leurs énormes têtes et leurs corps enterrés, qui ouvrent la route.

Le Bouddha, de 13 mètres de haut et de plus de 1500 tonnes, est entouré d’une colline de champs de lavandes, évidemment recouverte de neige, en ce moment. Toutefois, cette colline a une ouverture à son sommet, laissant dépasser le haut de la tête du Bouddha.

Entièrement autodidacte, Tadao Ando est l'un des plus grands architectes du XXᵉ siècle. Son travail aspire à créer des espaces de refuge, en alliant minimalisme des formes et intégration des éléments naturels comme l'eau, la végétation, la lumière…


C’est la fin, on rend la voiture et on s’apprête à passer 24h dans les aéroports du fait de l’annulation de notre vol à cause de la tempête. Dormir sur les sièges d’un aéroport, ce n’est pas si mal !!!


Si vous ne me connaissez pas et vous voulez savoir qui se cache derrière ces lignes, quelques instants pris par Philippe

Et si voulez encore plus d’images avec un autre regard, allez sur le blog de Philippe https://philofdrones.com/blog/hokkaido

 

Trek en terre inconnue

Voyage mystère organisé tous les ans par l’agence Atalante qui choisit, après un questionnaire, 8 voyageurs pour participer à cette aventure. Un voyage inédit qui n’a jamais été fait et qui ne figurera pas le catalogue (car trop de logistique et trop compliqué à organiser).

La destination n’est connue que le jour du départ à l’aéroport et pour pimenter l’excitation et l’impatience, chaque participant découvre à tour de rôle une photo lui donnant un indice sur la destination

Saurez vous trouver la destination à l’aide des indices reçus?

Réponse: le Kazakhstan !!!

Mais comment est ce le Kazakhstan?? Pour moi ça doit ressembler à la Mongolie avec des steppes à perte de vue, des mosquées et de grandes forêts. . Quelle ne sera pas ma surprise quand je découvrirai le vrai visage de ce pays. Mais le programme ne nous sera dévoilé que la veille pour le lendemain donc aujourd’hui, nous savons seulement que nous prenons l’avion pour Istanbul avec un vol de correspondance pour Almaty.

Ne pas connaitre la destination du voyage, partir complètement dans l’inconnu avec juste une liste fournie par l’agence sur les affaires à emporter (liste ne nous donnant aucune indication car il faut du chaud et du froid), se laisser complètement porter et faire confiance à l’organisation, c’est vraiment une grande aventure et je vais me laisser surprendre et profiter de chaque instant. Et il s’avérera que ce voyage sera bien au delà de mes attentes.

Situé au nord de l’Asie centrale, le Kazakhstan partage ses frontières avec, au nord la Russie (La frontière entre le Kazakhstan et la Russie est la plus longue frontière internationale continue au monde, s'étendant sur 7 644 km.), à l’est la Chine et au sud l’Ouzbékistan, le Kirghizistan et le Turkménistan. Bordé par la mer Caspienne à l’ouest et la mer d’Aral au sud-ouest, le Kazakhstan possède un relief très varié entre steppes, vallées et montagnes. 
Cinq fois plus grand que la France (9ème pays par ordre de taille), il est aussi quatre fois moins peuplé que celle-ci. Il s'agit également du plus riche pays d'Asie centrale, en raison de ses importants gisements de pétrole et de gaz.

Autrefois le Kazakhstan était peuplé de nomades qui parcouraient la steppe tout au long de l’année. La région devint un territoire de l’Empire russe au XIXème siècle avant de devenir par la suite une république soviétique de l’Union Soviétique. En 1991, le Kazakhstan devient un état indépendant après la perestroïka et la chute de l’URSS a libéré l’ambition d’une jeune nation aux origines lointaines, en pleine transformation politique et sociale. Depuis 2022, le tourisme est autorisé sans visa.

Bien que les Kazakhs constituent la majorité de la population, le pays compte plus d’une centaine d’ethnies, dont les Russes (21,5%), les Ouzbeks (3%) et les Ukrainiens (1,8%), ainsi que les Allemands, les Tatars, les Ouïghours (de 1 à 1,4% chacun) et une centaine d’autres minorités. Aujourd’hui, les régions du Sud comptent environ 90% de Kazakhs, tandis que certaines villes du Nord demeurent majoritairement russes. Ancrée dans la tradition orale, la culture kazakhe subsiste davantage en zone rurale.

La langue officielle du pays, le kazakh, se parle autant que le russe qui demeure la "langue de communication interethnique". Ces deux langues figurent au programme scolaire.

La principale religion des Kazakhs, l’islam, regroupe le plus grand nombre d’adeptes dans le sud du pays. Les jeunes tendent à être plus croyants que leurs parents nés sous l’Union soviétique. Nombre d’entre eux se tournent vers une forme plus stricte de l’islam sunnite, instillée dans le pays par l’Arabie saoudite qui y finance des mosquées. Cela constitue une source d’inquiétude pour la société kazakhe, mais le gouvernement insiste sur la tolérance religieuse qui prévaut au Kazakhstan. Un quart de la population se réclame du christianisme (orthodoxe russe essentiellement).



Dimanche 13 Juillet: Visite d’Almaty

Almaty est la plus grande ville du Kazakhstan avec une population de près d'1,5 million d'habitants. La ville se situe dans la région montagneuse au sud du Kazakhstan. Ancienne capitale de l’État Kazakh pendant l’époque de l’Union Soviétique, Almaty a perdu son statut mais reste tout de même le principal centre commercial et culturel du Kazakhstan.


The green bazar

Le bazar vert est le plus populaire des marchés de la ville. On y trouve toutes sortes de produits locaux. Le hall principal est divisé en sections , surmontées de panneaux indiquant les produits disponibles ( les panneaux sont écrits en russe mais des symboles sont inclus permettant l’identification). Outre les fruits, légumes, fromages, épices et viandes typiques d’Asie Centrale, on trouve également du lait de jument, de la viande de cheval très prisée par les kazakhs. Malgré la chaleur et le manque de dispositif de refroidissement, l’hygiène semble remarquable.


Le parc des 28 gardes de Panfilov

Le parc des 28 gardes de Panfilov avait initialement le statut du Parc municipal, puis a été renommé en “Jardin Pouchkine”, plus tard en “Parc Lénine”, plus tard encore en “Parc de Fédération des Républiques Soviétiques” et ce n’est qu’en 1942 que le nom actuel de héros de la division de Panfilov, ayant défendu la ville de Moscou en 1941 contre les troupes nazies lors de la Seconde Guerre Mondiale, fut attribué au parc. Celui-ci est de nos jours l’un des hauts lieux d’Almaty.

Plusieurs ensembles culturels et architecturaux marquants se trouvent dans l’enceinte du parc: la cathédrale Zenkov, la maison des officiers et le musée central d’État.

Statue du général Ivan Vasilyevich Panfilov, installée en 1968.

Très beau mémorial dédié aux soldats résistants du Général Panfilov, composés principalement de soldats kazakhs et kirghizes, qui se sont opposés à l’avancée des chars allemands en direction de Moscou durant la seconde guerre mondiale. La division Panfilov a péri au combat pendant la seconde guerre mondiale.

Mémorial dédié à la révolution bolchévique

Monument aux soldats kazakhs tombés en Afghanistan:Situé près du Mémorial de la Gloire, ce monument a été inauguré le 15 février 2003 pour commémorer le 14e anniversaire du retrait soviétique d'Afghanistan. Il représente trois soldats en bronze debout sur un piédestal en granit au-dessus de quatre dalles symbolisant des pierres tombales. Sur les dalles sont inscrits les noms de 69 habitants d'Almaty qui ne sont jamais rentrés chez eux après la guerre en Afghanistan. Un casque de soldat et une branche de laurier à la base du monument complètent la composition.

Monument à Baurjan Momyshuly:Cette statue de l'écrivain de renom et héros de la Seconde Guerre mondiale a été installée le 10 décembre 2010 dans la partie nord du parc. Le monument le représente en pleine hauteur au sommet d'un piédestal en granit, célébrant ses contributions à la littérature et à la défense de son pays.

Devant la maison des officiers, une flamme éternelle brule en mémoire de ceux qui ont péri pendant la seconde guerre mondiale. On y trouve également le mémorial des combattants d'Almaty, ouvert en 1975 pour commémorer le 30e anniversaire de la victoire des Alliés contre les Nazis,


La Cathédrale de l'Ascension, également appelée Cathédrale Zenkov

La cathédrale Zenkov, est une très belle église orthodoxe située dans le parc des 28 gardes de Panfilov. C’est un véritable chef d’œuvre coloré en bois et plus fascinant encore: elle a été construite sans clous et c’est le 2ème plus haut édifice en bois avec ses 56 mètres de hauteur.


Musée central d’État

Visite du Musée central d’État. Fondé en 1931, il retrace l’histoire de la culture kazakhe et nous fait découvrir les coutumes et traditions nomades comme une yourte traditionnelle, des bijoux anciens, des costumes traditionnels, et des répliques de fauconniers, de paysans, d’artisans…


Lundi 14 Juillet: Direction les canyons et le lac Kaindy

Après une bonne nuit pour récupérer du voyage, tout le monde est impatient de partir à la découverte du pays. Personne ne connait le programme sauf Aline , notre guide Atalante et Dany, notre vidéaste qui nous accompagne et qui est chargé de ramener des images de ce voyage.


Canyon de Charyn

Après avoir parcouru 200km de steppes et demi désert, nous atteignons le Parc National du canyon Charyn, un des trésors naturels du Kazakhstan. Site très touristique rappelant les grands canyons. Au cours de milliers d’année, la rivière Charyn, au cours rapide, a crée ce canyon spectaculaire dont la profondeur peut atteindre 300 mètres. En se frayant un chemin à travers les couches de sol, la rivière a sculpté des formations rocheuses mystérieuses et colorées, allant du jaune au rouge. La vallée des châteaux, canyon le plus accessible et le plus célèbre, s’étend sur 2km et l’accès se fait à pied sur un sentier bordé de ces falaises verticales aux formes mystérieuses et imposantes; mais avec la chaleur étouffante beaucoup de touristes font ce trajet en camion soviétique: les“uaz”.

Le sentier amène au bord de la rivière qui s’écoule sur plus de 400Km et le courant étant très important il est fortement déconseillé de s’y baigner.

Pause déjeuner avant de remonter le canyon, c’est une petite mise en jambes avec ce dénivelé de 200m, rendu malgré tout très éprouvant par la chaleur (la température dépasse 40°C)


Lac Kaindy

Situé à 2000m d’altitude, le lac est difficile d’accès et nécessite d’emprunter tout d’abord un vieux bus local, tout terrain, aménagé à la façon kazakh, à savoir équipé de sièges complètement éventrés disposés comme dans un salon, de jolis petits rideaux aux fenêtres et des amortisseurs en fin de vie. Mais l’aventure ne s’arrête pas là, ensuite nous montons ensuite dans un vieil UAZ pour parcourir les derniers km sur un chemin défoncé et inondé par endroit.

Le lac Kaindy est une autre merveille naturelle du Kazakhstan.

Le Kaindy est un jeune lac qui s’est formé en 1911 suite à un tremblement de terre qui a entrainé l’effondrement d’une montagne, bloquant la rivière et provoquant le remplissage lent de la vallée et engendrant la formation de ce lac.

Les cimes des sapins pointent encore à la surface de l’eau. Il ne fait que 400m de long et sa profondeur est d’une trentaine de mètres mais ce qui fait la particularité de ce lac, ce sont ces troncs étroits d’épicéas, pratiquement intacts, qui émergent d’une eau d’un bleu étrange, de façon fantomatique. Le lac est très froid, ce qui permet aux arbres sous marins de préserver leurs aspects sinon ils seraient probablement déjà tombés et auraient été détruits par l’humidité


MARDI 15 JUILLET: LACS KOLSAÏ

Marche 19km- D+800m/D-800M

Lacs Kolsai

Kolsai est un ensemble de trois lacs situés dans les “montagnes du paradis” non loin de la frontière du Kirghizstan.

Le premier lac, Lower Kolsai, est situé à 1800m d’altitude et mesure 2km de long et 80m de profondeur. Un sentier escarpé partant du parking mène au lac entre les pentes abruptes des montagnes couvertes d’épaisses forêts d’épicéas. De nombreuses structures touristiques entourent le lac et beaucoup de touristes préfèrent sillonner le lac en bateau électrique ou parcourir le sentier à cheval plutôt que de randonner à pied vers l’extrémité du lac.

Le deuxième lac, le lac Minzholky ( lac vieux de mille ans) est situé à 2200m. Il est accessible par un chemin de 8km longeant la forêt et suivant la rivière. Quelques montées abruptes, avec des haltes de repos aménagées sur le chemin. Après 2 heures d’ascension, nous sortons de la forêt et débouchons, sous une légère averse, au bord du lac avec une eau d’un bleu profond, entouré de falaises vertigineuses recouvertes de sapins et d’épicéas. Un bivouac de touristes russes est installé au bord du lac. Pique nique sous une fine pluie mais la beauté du lieu nous fait oublier l’humidité et ne nous empêche pas d’aller tester la température de l’eau et de nous baigner, pas très chaud !!

Le troisième lac, plus petit que le précédent, situé à 2800m n’est accessible qu’avec un permis frontalier car il est proche de la frontière du Kirghizstan. Nous ferons la pause pique nique au bord du deuxième lac avant de revenir sur nos pas.


Camp de base Karkara

Nous reprenons notre bus en direction du plateau Keegen Green où nous attend un deuxième moyen de locomotion: un bus soviétique de l’Arctique, jaune fluo avec des roues aussi grandes que moi, un immense volant, pleins de leviers de vitesse et un intérieur très rudimentaire. Quarante cinq minutes de “montagnes russes” dans la nuit, sur un chemin complètement défoncé pour arriver au premier camp de base : Karkara Camp situé à 2200m, à la la limite de la frontière du Kirghizstan.

Accueil très chaleureux par la directrice qui nous fait visiter les lieux et nous incitent à faire un bania traditionnel; ce que nous nous empressons de faire. Par contre, vu le froid environnant, la pluie glaciale et la nuit sombre nous zapperons le bain froid dans la rivière.


MERCREDI 16 JUILLET: KARKARA- SARI ZAILU-

étape 8km- D+830M/D-90M

Au réveil nous découvrons notre premier campement qui comporte des tentes, des bungalows et des yourtes. Nous avons passé la nuit dans une yourte qui avait quelques fuites et qui n’a pas résisté aux fortes pluies de la nuit.

Matinée libre pour faire le tri dans nos affaires; afin de ménager les chevaux qui vont porter nos bagages, chacun de nous doit avoir un sac souple qui n’excède pas 10kg. Nous retrouverons les affaires retirées à la fin de notre trek.

Notre trek va se dérouler à l’extrême Sud-Est du Kazakhstan, à la limite de la frontière de la Chine et du Kirghizstan avec une montée progressive en altitude pour s’acclimater et des installations de bivouacs chaque nuit un peu plus haut. Nous allons traverser une zone complètement inhabitée, sur des sentiers inexistants, sans aucun balisage et sans aucune infrastructure. Pendant tout le trek, retour à la simplicité: aucune connexion, aucune prise électrique, aucun sanitaire.

La caravane transporte le ravitaillement pour toute la durée du trek (équipements pour le bivouac mais aussi nourriture). Quelques précautions sont nécessaires pour garantir les conditions d’hygiène:`

Pour les repas, la cuisinière prépare tous les plats au campement et ils seront transportés sous vide;

Pour la boisson ce sera l’eau des torrents préalablement bouillie. Nos repas se feront accompagnés de thé ou de café ou d’eau chaude avec des rondelles de citron.

Pour remplacer le lait, redécouverte du lait concentré sucré en comme celui de notre enfance, miam-miam…

Photo publiée sur Instagram par Katengri

Les porteurs préparent la caravane: 10 porteurs, 10 chevaux et répartition des sacs après pesage afin d’équilibrer les charges. Chaque sac est repéré par un numéro afin de faciliter les futurs chargements. Le départ est imminent …

Premier passage de col: le Arai Pass situé à 2650m. Cette première journée se déroule sous la pluie, au milieu de prairies recouvertes de fleurs de toutes les couleurs, et il faut parfois se frayer un chemin au milieu des hautes herbes qui nous cinglent les mollets. Chaussures et chaussettes trempées et ce n’est que le début, elles resteront mouillées jusqu’à la fin du trek.

Arrivée à 17h au premier bivouac situé à 2890m


Jeudi 17 Juillet: Sari Zailau- COL SARTASu PASS- Kokzhar Valley.

Étape 10km avec D+ 500m/D-900M

La nuit a été difficile: notre tente était installée sur un sol irrégulier avec pleins de bosses, il faisait très froid, les chevaux n’ont pas arrêtés de brouter à coté de la tente (je ne pensais pas qu’un cheval mangeait autant d’herbe, ne ferait il pas mieux de se reposer la nuit et de dormir avant d’attaquer sa dure journée??), et l’idée de remettre des chaussures mouillées ne nous enchantent pas trop. Mais très vite, la mauvaise humeur s’estompe, la fatigue s’efface et après avoir fermé notre sac à dos, pris le petit déjeuner, fait quelques exercices d’échauffement, nous voilà partis pour franchir le col Sartasu à 3640m.

Nous entamons une montée progressive sur le plateau de Sari Zailau, immense prairie recouverte de fleurs, pas de sentier balisé, pas de sentier tout; tout au plus quelques pistes tracées par les animaux. Il faut souvent se frayer un chemin travers la végétation, les pierres, les tourbières… Bref, chacun suit son propre chemin visant le col visible au loin.

Malgré le temps ensoleillé au réveil, très vite le temps se couvre et plus nous montons, plus les températures chutent, plus le ciel s’obscurcit, plus la respiration s’accélère, plus l’allure ralentit et c’est sous une averse de grêle-neige que nous atteignons enfin le col. Brouillard épais, aucune visibilité. Quel dommage!!

Mais la chance est avec nous car au bout de quelques minutes, après être arrivés au sommet du col, le vent se lève et vient nettoyer le ciel de ses gros nuages, le soleil vient éclairer les pans de montagnes nous dévoilant une palette de couleurs allant du vert fluo au rouge orangé contrastant avec les moraines grises et sombres. Tout s’illumine et un paysage magnifique se dévoile sous nos yeux.

Progressivement, le groupe qui s’était étalé dans la montée se regroupe au sommet puis la caravane nous rejoint. Nous partageons notre pique nique avec les porteurs qui ne s’octroient qu’une courte pause avant de repartir pour atteindre le prochain campement et l’installer avant notre arrivée.

Bataille de boules de neige sur le névé, pauses rafraichissantes dans la neige… difficile de repartir, même les chevaux font de la résistance et refusent de quitter ce lieu chargé d’énergie, entouré d’un silence sacré et de couleurs changeant au gré du soleil! Mais une longue descente nous attend.

Descente vers la vallée visible derrière la colline. C’est encore loin !!!

Magnifique descente vers Kokzhar Valley, des fleurs, encore des fleurs, d’immenses parterres d’edelweiss, des milliers de papillons, des mousses fluorescentes, des cascades, des cours d’eau et pour clôturer le tout des survols d’aigles au dessus de nos têtes.

Après une longue descente nous arrivons dans la vallée, nous longeons le torrent, que nous traversons de nombreuses fois (et voilà, de nouveau les chaussures trempées) quand enfin, nous apercevons le bivouac. Et pour une fois, le soleil nous accompagne, on aura peut être la chance de sécher nos habits et de nous laver dans la rivière.

Camp à 2650m. La journée se termine autour d’un feu de camp en compagnie des porteurs et chacun a l’opportunité de montrer son talent artistique.


vendredi 18 juillet: kokzhar valley

ETAPE 23KM AVEC D+500M/D-230M

Les chevaux nous ont encore tenu compagnie toute la nuit en venant brouter à coté de notre tente et en prime, ils nous ont fait un cadeau devant l’entrée de la tente. Démarrage à 8 heures pour une longue étape qui va nécessiter de nombreux passages dans l’eau car nous allons longer la rivière et la traverser souvent.

Démarrage sur la plaine au milieu de hautes herbes et d’une végétation très dense avant d’atteindre le torrent. Au début, nous changions de chaussures pour remplacer les chaussures de randonnée par des chaussures prévues pour l’eau, mais très vite, au vue des répétitions de traversée, nous finissons par marcher avec les chaussures de randonnée, ça fait un peu “flop flop” au départ mais l’eau s’évacue assez rapidement .

L’eau d’un bleu cristallin est glacée mais ça nous rafraîchit car il fait très chaud aujourd’hui. Parfois nous devons faire des grands détours pour trouver un passage pas trop profond, le courant étant important, nous pourrions facilement perdre l’équilibre et être emportés. Nous suivons ce torrent sur 15km.

Pause pique nique suivie d’une baignade dans le torrent


Le paysage change brutalement, après le fond de vallée traversé par le torrent, nous arrivons sur une steppe, entourée de montagnes et pour la première fois, nous trouvons une trace humaine: une yourte occupée par un couple d’éleveurs nomades, perdue au milieu de nulle part.

Nous allons leur rendre visite et la kazakh nous réserve un accueil très chaleureux, elle parait très heureuse de voir du monde. Après avoir rapidement dressé une table à l’intérieur de sa yourte, elle nous propose de nous installer et nous offre du thé, des biscuits, des pains maison servis avec du fromage et du beurre.

Le couple de fermiers passe tout l’été sur la steppe avec leur élevage, produit du laitage et des fromages qu’ils vendent à une ville voisine et repartent en hiver dans leur étable, située dans une ville assez éloignée.

Petite séance photo avant de quitter le couple, en guise de remerciement, voulant éviter de leur donner de l’argent, nous cherchons au fond de nos sacs des cadeaux que nous pourrions leur faire: médicaments, chocolats, bonbons, cigarettes semblent leur faire très plaisir.


La randonnée se poursuit sur le plateau qui semble subitement très habité, au loin des yourtes de nomades avec de nombreux élevages de chevaux et nous croisons même des jeunes en moto. Des troupeaux de chevaux profitent de l’herbe grasse tandis que des poulains nous observent d’un air curieux. Nous nous dirigeons vers la falaise blanche contrastant avec les prairies verdoyantes et les roches multicolores, où nous croiserons de nouveau des éleveurs qui nous offriront du fromage.

La fin de l’étape semble interminable, d’autant plus que nous avons beaucoup de mal à trouver le campement. Un survol du drone pour repérage sera nécessaire pour nous donner la direction à suivre. Arrivée à 18h au camp situé à 2800m au bord de la rivière sous la pluie et le froid qui contrastent avec la chaude journée que nous avons eu.


SAMEDI 19 JUILLET: KOKZHAR VALLEY- TEKES PLATEAU

ÉTAPE 22KM AVEC D+800M/D-950M

Allez courage, on oublie les douleurs aux genoux, les tendinites au talon, la fatigue d’une mauvaise nuit. Savourons notre chance d’être là !!

Au programme: montée sur 12km pour rejoindre le Tuy Pass à 3560m. Les montagnes enneigées se rapprochent et la température se rafraichit. Au sommet, la récompense: des montagnes à perte de vue avec une palette de couleurs incroyable et des survols d’aigles au dessus des sommets.

Puis qui dit monter, dit descendre… Longue descente vers le Tekes plateau abritant de nombreux élevages de chevaux.

Au fur et à mesure de la descente, le paysage montagneux devient forestier avec de grandes prairies fleuries accueillant des troupeaux sauvages de chevaux et de vaches, puis les alpages deviennent de magnifiques forêts de sapins aux formes allongées et effilées et puis nous retrouvons la rivière avec ses traversées. Il va falloir de nouveau mouiller les chaussures!! La fatigue se fait ressentir et le groupe se disperse de plus en plus.

Immense forêt de sapins presque comme en Europe.

Arrivée avec la pluie au campement. Les retardataires arriveront plus d’une heure après nous.

Les derniers marcheurs arriveront peu avant la nuit. Le camp est à 3220m et nous arrivons sous une fine pluie glacée qui nous transperce. Les polaires sont les bienvenues mais ne suffisent pas à nous réchauffer après la toilette sommaire dans l’eau glacée.


DIMANCHE 20 JUILLET: TEKES PLATEAU- ULKEN KOKPAK VALLEY

ÉTAPE 10KM, D+800m/D-700M

Les sacs sont prêts, tout le monde est motivé pour cette nouvelle journée qui s’annonce très difficile: une montée de 800m sur 3km, ça va être raide mais par contre ça va décoter vite.

Ferme d’élevage de chevaux

Nous commençons par une descente de 10km le long de la steppe de Tuyuk Kokpak en longeant et en traversant la rivière. Nous croisons une ferme et heureusement le fermier, nous voyant passer, nous indique un passage pour traverser le torrent et rejoindre le chemin qui nous conduira à l’accès dans la forêt pour atteindre le col. Et là, nous attend une montée très raide pendant 3h vers le Green Pass à 3150m.

Pas de sentier tracé, chacun doit essayer de se frayer un passage au milieu des branchages, des fougères, des ronces, des souches d’arbres, des roches, des herbes hautes et piquantes et surtout veiller à ne pas glisser sur les mousses abondantes qui recouvrent le sol.

Au sommet, magnifique vue sur la large et longue vallée de Uken Kokpak que nous venons de traverser, avec au loin le ferme que nous avons croisé. Pause bien méritée avant d’entreprendre la descente.

Une piste, des voitures, des gens, on n’est donc plus seuls au monde!!

La descente est interminable, mais une surprise nous attend à la fin: nous débouchons sur une piste ou nous attendent 2 pick up 4x4: c'est le directeur du camp de base que nous avons rencontré au départ du trek qui a apporté du ravitaillement pour la semaine et les fameuses bières tant attendues. Record: nous sommes arrivés avant la caravane qui a emprunté une autre voie plus accessible pour les chevaux.

Nous avons les conditions idéales pour faire une séance de yoga: des gens motivés ( pas tous: certains préfèrent nous regarder, d’autres font semblant de participer mais en fait dorment ) un terrain plat, un sol sec, pas de pluie et un immense besoin de s’étirer.

Soirée très festive au camp, nous dansons et chantons avec les porteurs. Camp à 2400m


LUNDI 21 JUILLET: ULKEN KOLPA VALLEY- KARAKOL LAKE ( LAC NOIR )

étape 10km- D+1050M/D-350M

Tout le monde rassemble ses affaires afin de libérer les tentes et permettre aux porteurs de les démonter pour le prochain départ.

De nouveau, comme chaque matin, le soleil réapparait et vient nous réchauffer de notre nuit glaciale. Aujourd’hui on monte encore plus haut, vers le Karakol Pass à 3550m

L’arrivée au sommet après 4h nous offre un merveilleux panorama sur les montagnes Thien Shan (les Monts Célestes) et le pic caractéristique en forme pyramide du Khan Tengri Peak.

Au loin nous pouvons voir le Karakol Lake ou se situera notre camp à 3150m. Les premiers arrivés éviteront la giboulée de pluie et de grésil, les retardataires se feront trempés par cette averse violente. Le vent glacial et le mauvais temps ne nous inciteront pas à nous baigner (sauf pour les courageux qui oseront braver le froid et la pluie), pour les autres, tant pis, ce sera une toilette à la lingette; de toute façon, on sent tous très mauvais !!!. Au loin on distingue le glacier. Nuit très difficile à cause des températures et de l'humidité.

Pendant les pauses, les chevaux ont les membres liés (les 2 pattes avant et 1 patte arrière) A première vue, cette pratique m’a questionnée, voire dérangée, puis j’ai compris; dans la steppe il n’y a pas d’arbres pour attacher les chevaux. Avoir les pattes attachées, limite certes leur mouvement et les empêche de s’enfuir, mais leur permet cependant de se déplacer et d’aller brouter librement.


MARDI 22 JUILLET: Karakol lake- Akkol Lake (lac blanc)

étape 8km- D+ 600M/D-600M

Départ en direction du Akkol Pass à 3650m.

L'altitude commence à se faire sentir, l'allure est plus lente, le souffle plus court, mais la bonne humeur est toujours de mise et l’arrivée au sommet nous réserve de telles belles surprises..

Lake Akkol au loin

Lake Akkol au loin, là ou le bivouac sera dressé.

Descente longue et difficile sur la moraine vers Lake Akkol pour atteindre le camp situé à 3100m à proximité du lac et d'une petite cascade qui fera notre bonheur.

Après l’effort, le réconfort: nous profitons du soleil pour faire une toilette dans le torrent, faire une rapide lessive pour avoir un tee shirt propre, boire un verre de thé (avec du lait concentré sucré, of course) et se laisser caresser par les rayons de soleil . Certains bénéficieront même d’une séance de réflexologie ou d’un massage du dos. C’est le luxe avec Atalante !!


MARDI 23 JUILLET: Akkol Lake- Ashutor Valley

ÉTAPE 16KM- D+700M/D-900M

Arrivé bien avant les autres, le chef surveille son équipe de porteurs

Longue montée vers Ashutor Pass à 3850m. Nos efforts sont largement récompensés par le panorama qui s'offre à notre arrivée: un immense cirque de glaciers avec au loin toute la chaîne de montagnes avec ses sommets culminant à plus de 7000m.

Par contre, il nous reste encore cette crête à gravir pour arriver à 3800m.

Arrivée, à bout de souffle, mais l’effort d’ascension est vite oublié devant un tel panorama.

Fermez les yeux un "ins...temps"…

Imaginez cette immensité, ces pierres chargées d’histoire, ce silence sacré, ces couleurs qui changent au gré du soleil…

C’est ici que la Terre et le Ciel semblent se toucher.

Difficile de partir, on voudrait graver ces images en nous et continuer à s’émerveiller devant un tel spectacle. Mais la descente va être longue…

Nous entamons une longue descente qui va s’avérer très difficile. Elle se prolonge au milieu des pâturages de chevaux et de vaches avant de se poursuivre dans la forêt de sapins sur un sentier suivant le torrent glacier chargé de sédiments et de branchages. Impossible à traverser du fait de sa puissance, mais heureusement un minuscule pont de bois permet le passage. Nous voilà enfin arrivés, juste avant l'orage.

Dernière nuit de bivouac. Un air de mélancolie flotte sur la team, on avait prévu de faire une super fête mais tout le monde est fatigué et ressent à la fois un sentiment de tristesse de réaliser que tout s’arrête mais aussi un sentiment un sentiment de joie de s’imaginer prochainement dormir dans un vrai lit, dans de vrais draps, de prendre une douche chaude, de mettre des habits propres, de retrouver ses proches... Bref, retrouver une vie normale.


JEUDI 24 JUILLET: ALMATY

Dernière journée passée dans le bus pour rejoindre Almaty ou nous dormirons pour rejoindre l’aéroport le lendemain matin

Au revoir Kazakhstan, tous tes paysages resteront gravés en nous

Au revoir et merci l’équipe de porteurs, qui nous a permis de vivre ce trek dans d’excellentes conditions

Au revoir la team de kazakhs, quelle équipe !!! Prête à repartir avec vous

Merci Dany Lopez, (le vidéaste qui nous a accompagné pour mettre en image notre aventure). pour cette petite vidéo en avant première. On attend avec impatience le film définitif.


COSTA RICA, la Pura Vida, le pays où les gens vivent simplement et avec une certaine bienveillance.

Le Costa Rica, petit pays d'Amérique latine est l'un des plus heureux au monde. Son secret : un art de vivre positif, qui s’appelle là-bas "Pura Vida".

Les habitants du Costa Rica disent "Pura vida" tout le temps. Traduit en français, cela veut dire "vie pure". En fait, "Pura vida" signifie plusieurs choses.

C’est d’abord une manière de se saluer positive et sympathique.

"Pura vida" exprime aussi que tout va bien et que nous ne devons pas oublier tout ce qu’il y a de de bon dans notre vie, la chance de pouvoir vivre et d’être là, et remercier pour les petites attentions que l’on reçoit des autres.

"Pura vida" veut dire également que ça va aller. Si vous rencontrez des problèmes, tout va finir par s’arranger. C’est aussi une invitation à profiter du moment présent, le seul qui compte.

le Costa Rica a une particularité, et non des moindres : il est le seul pays au monde à ne pas avoir d’armée: l’armée a été abolie en 1948, afin de ne pas avoir de budget militaire et d’investir davantage dans l'éducation, dans la médecine, et dans la préservation de la nature.

Voilà une belle philosophie que chacun de nous devrait adopter!!


Le Costa Rica se présente sous la forme d’une petite bande de terre dont la côte Caraïbe et la côte Pacifique se trouvent séparées par une chaine volcanique qui atteint 3800m d’altitude. Malgré sa petite taille et son étroitesse, il concentre une biodiversité et des paysages extraordinaires, il n’abrite pas moins de 5% de la biodiversité du monde, protégée par un important système de parcs nationaux et de réserves forestières. La diversité des paysages et des micro climats fait que, sur la même journée, nous pouvons passer de la montagne à la mer, quitter la doudoune et le parapluie en faveur du short…

La côte Caraïbe à l’Est, est plutôt humide avec des pluies fréquentes, de la mangrove et une faune plus sauvage alors que la côte Pacifique, est plus sèche, plus orientée plage et farniente au soleil.


Costa Rica et ses volcans

Impossible de parler du Costa Rica sans évoquer ses volcans. Situé sur la ceinture de feu du pacifique le Costa Rica abrite une centaine de volcans dont 5 sont toujours actifs. Certains, de par leurs dangerosités, sont inaccessibles au public. Le volcan Irazu, le plus haut, atteint les 3400m et il est actif depuis 1723 et il ne cesse de manifester son activité.

Nous aurons la chance de découvrir le volcan Poas, situé à 2700m. En effet, il est très souvent entouré d’une mer de nuages, empêchant alors les visiteurs de profiter de ce spectacle naturel. Il abrite l’un des plus grands cratères au monde, au fond duquel se trouve un magnifique lagon bleu, riche en soufre, duquel s’échappent des fumerolles pouvant être toxiques et de ce fait il est conseillé de ne pas rester plus de 20’ sur le site.

Sa plus récente éruption date d’Avril 2017 et suite aux émanations de gaz, le parc a été fermé au public jusqu’en septembre 2018



Costa Rica et ses forêts tropicales humides: côte pacifique à l’ouest, côte caraïbe à l’est, au centre et au sud du pays

Nord-Ouest du Costa Rica: parc national tortuguero

Tortuguero, c’est une bande de terre, couverte de forêt vierge, bordée d’un côté par la mer des Caraïbes et de l’autre par le canal reliant le littoral. Son accès se fait par un système de lancha-taxi (bateau à fond plat) car les hôtels sont situés sur des îlots de mangrove.

Le Parc Tortuguero est situé au Nord-Est du Costa Rica, il est connu comme étant le sanctuaire des tortues vertes, car il protège la plus importante plage de nidification des tortues vertes menacées d’extinction.


La plage de Tortuguero

La plage de Tortuguero est une grande plage de sable brun, jonchée de lianes, de branchages, parsemée d’énormes trous ayant abrité les tortues venues pondre et enterrer leurs œufs pour les camoufler entre les mois de Juillet et d’Octobre. La baignade est déconseillée car le courant est fort et les requins guettent leurs proies dans les eaux de Tortuguero. Nous n’aurons pas la chance de voir éclore des tortues retardataires, par contre nous verrons des restes de carcasses de tortues, surement victimes d’une attaque de jaguar.


Le village de Tortuguero

Le village de Tortuguero: une rue unique traverse la cité lacustre, reliant le canal au littoral. Ce hameau, typiquement caribéen, doit son nom aux quatre espèces de tortues qui viennent y nicher. Si la zone du Parc National de Tortuguero s’est développée économiquement grâce à la culture du cacao puis à ses nombreuses scieries, c’est à la chasse aux tortues qu’elle doit sa célébrité. Aujourd'hui la chasse aux tortues est interdite et le site est protégé; c’est désormais l’activité touristique qui permet aux habitants de subsister, et aux autorités d’entretenir l’écosystème local.

Un certain nombre d'espèces de tortues sont aujourd'hui très menacées, les habitants font de leur mieux pour protéger les œufs de tortue, sans interférer avec la nature mais les prédateurs sont multiples: les œufs enfouis dans le sable sont déterrés et consommés par les ratons laveurs, les chiens, les serpents ou encore les fourmis. Sur le chemin vers l’océan, les petites tortues fraîchement sorties de leurs coquilles, sont souvent victimes d’attaques d’oiseaux ou de crabes. Une fois dans l’eau, elles deviennent la proie d’oiseaux marins, de gros poissons, de requins et de dauphins. À l’âge adulte, leur principal prédateur est l’homme. Les braconniers chassent les tortues pour leur peau, leur carapace et leur viande consommée comme une délicatesse dans certains pays d’Asie. En raison de tous ces prédateurs, seule 1 tortue sur 1 000 survit en milieu naturel.


La mangrove de Tortuguero: Tortuguero est également connu pour ces petits canaux se jetant dans le canal et serpentant au milieu de la mangrove.

De nombreux canoës transportent les touristes qui, dès 5h40, attendent sur le quai pour embarquer. Mais finalement, chaque navigation prend des directions différentes et malgré le nombre important d’embarcations, on arrive à se retrouver seuls au milieu de cette nature exubérante, abritant de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes, de reptiles. La pluie, très fréquente dans cette région, nous sera épargnée et nous ferons cette traversée avec un très beau lever du soleil, avec comme fond sonore le chant des oiseaux, le bruit de nos pagaies dans l’eau et nos claques incessantes tentant de chasser les nombreux moustiques qui se régalent de nos peaux européennes.

Mais au fait qu’est ce qu’une mangrove? On les trouve à l’embouchure des rivières dans les zones soumises aux marées mais à l’abri des courants ou aux embouchures de certains fleuves, à mi-chemin entre le milieu marin et la milieu aquatique. Le sol est boueux avec une mauvaise ventilation et beaucoup de salinité, en plus il y a une grande incidence des radiations solaires qui sont caractéristiques dans ces régions côtières. Les arbres des mangroves produisent des racines qui plongent dans l’eau saumâtre (mi douce, mi salée issue du mélange des eaux des rivières et de la mer)  afin de filtrer le sel et d’absorber l’oxygène présent dans l’air. Longtemps considérée comme des marécages malodorants, la mangrove est aujourd’hui reconnue d’une utilité extraordinaire : son écosystème particulier permet de ralentir l’érosion de la terre et abrite une grande biodiversité.


La faune des mangroves de Tortuguero avec ses nombreux oiseaux

Anhingidae

Bihoreau violacé

Jacana du Mexique

Héron vert

Anhingidae

Cassique de Montezuma

Jacana du Mexique

Iguane vert

Anhingidae

Buse à tête blanche

Jacana du Mexique

Caïman


Nord-Est du Costa Rica: parc volcano tenorio

Nous empruntons un sentier, au milieu de la forêt tropicale, composé de marches très raides, faites de terre et de racines (donc très glissantes) à certains endroits nous devons traverser des ruisseaux mais notre effort est largement récompensé quand, redescendant les escaliers nous découvrons la cascade du Rio Celeste.

Cascade Rio Celeste

Qui aurait imaginé trouver cette cascade se jetant dans une sorte de lagon à l’eau turquoise contrastant avec la verdure luxuriante environnante? Même si nous n’avons pas eu les meilleures conditions à cause de la pluie, la couleur bleue était quand même bien présente. En fait cette couleur azul vient de minéraux présents dans l’eau: l’aluminium, la silice et l’oxygène; le tout forme une substance, l’aluminosilicate qui colore l’eau.

Après la cascade, la randonnée se poursuit sur un sol très glissant et très boueux vers la lagune bleue, puis nous atteignons les eaux bouillonnantes du Rio Céleste, témoins de l’activité volcanique. L’odeur de soufre est aussi forte que l’eau est chaude (elle frôle les 90 degrés), puis continuant à remonter le Rio Céleste nous parvenons à Ténorio, l’endroit où la rivière prend cette couleur si particulière. Le changement de couleur est saisissant, il se fait au moment où les deux rivières se rencontrent, transformant l’eau brunâtre en la divine teinte turquoise du Rio Céleste. Cette transformation étonnante, causée par les minéraux volcaniques.

Durant notre randonnée dans ce parc, nous ne verrons pratiquement pas d’animaux mais nous avons pu profiter de la flore exubérante et de l’ambiance tropicale très humide, trempée par la pluie ou la sueur du fait des températures élevées? en tout cas trempée!!!


Nord-est du Costa Rica: monteverde et la forêt de nuages

La forêt tropicale humide est la forêt prédominante au Costa Rica et elle occupe environ 2/3 du territoire national. Les pluies annuelles représentent entre 2000 et 4500mm, la saison sèche n’existe pas ici. La forêt est couverte d’arbres qui peuvent atteindre 40 à 50 m de hauteur et leurs troncs n’ont pas de branches avant qu’ils aient atteint une hauteur de 25m. Les arbres sont couverts de feuilles de taille démesurées et leurs racines ne sont pas profondes, elle s’étalent autour de de la base du tronc à une faible profondeur afin de capturer et absorber tous les nutriments provenant de la décomposition des plantes et des animaux. Ce processus est très rapide à cause de la chaleur et de l’humidité régnant dans ces types de forêts. Les arbres croulent sous les plantes épiphytes, lianes, mousses et fougères qui poussent sur toutes les branches. C’est aussi le domaine des ceibas, arbres géants. La diversité d’insectes, de reptiles, d’amphibiens d’oiseaux et de mammifères se trouvant dans ces forêts est la plus importante au monde.

A Monteverde, la forêt est située à 1400m d’altitude et le soleil a du mal à percer le voile nuageux. Cela provoque une condensation et donc une humidité extraordinaire, rendant la nature particulièrement luxuriante et explosive de verdure. Monteverde possède des feuilles persistantes en raison des pluies quotidiennes et c’est à cause de cette extrême humidité que Monteverde est surnommée la « forêt de nuages »

Des ponts suspendus (plus de 8 ponts sur le parcours de 3km, d’une longueur allant de 50 à 170m et à une hauteur allant de 12 à 60m) permettent de marcher au dessus de la cime des arbres, et le brouillard recouvrant la canopée nous donne l’impression d’être suspendus dans les airs. Et dès que l’on quitte la canopée entre deux ponts, la forêt est sombre, mystérieuse et nous la parcourons sur des sentiers délimités en pleine jungle avec interdiction de sortir des sentiers.

Les forêts tropicales recensent 2500 espèces de plantes, 400 variétés d’oiseaux et plus de 100 types de mammifères.


Nord-est du Costa Rica: réserve monteverde de curi-Cancha

Parmi toutes les espèces d’arbres, il y en a un qui dénote encore plus parmi tous les autres par son comportement prédateur: le ficus étrangleur. Ce ficus a besoin d’un autre arbre pour croître. Il grandit très vite en enlaçant sa proie, qui, au fil des années, mourra sous la pression exercée. Le tronc initial disparait alors sous l’effet de la putréfaction et ne laisse plus que le ficus étrangleur. Le résultat s’avère alors extraordinaire. Le Ficus qui avait poussé autour du premier arbre, sous forme de lianes, présente désormais un tronc gigantesque mais vide et parsemé d’ouvertures.


UN PEU D’ORNITHOLOGIE

Les forêts tropicales abritent une grande variété d’oiseaux et d’animaux

Les colibris

Il existe une cinquantaine d’espèces de colibris et c’est un véritable défi pour le photographe d’arriver à le prendre de manière nette car il est constamment en mouvement et prend des directions imprévisibles (j’ai ramené beaucoup de photos de feuilles et de troncs mais pas d’oiseaux!!)

Chez les colibris, on a l’impression que tout n’est que record. Leur taille d’abord, puisqu’il s’agit des plus petits oiseaux du monde dont le record est détenu par l’un d’eux – le colibri d’Elena qui ne pèse que…1,5 à 1,9 gr ! (le plus gros ne pèse que 20gr)

Question vol, ces oiseaux sont aussi des champions : jusqu’à 200 battements d’aile par… seconde. Le vol sur place n’a plus de secret pour eux. Voler de haut en bas non plus, pas plus que voler à reculons. Tout est bon dès lors qu’il s’agit de butiner les fleurs. Pour accomplir tout cela, il faut avoir un cœur solide et qui bat vite. Chez certains colibris, il peut atteindre 1260 battements par minute.

Les battements d’ailes sont intenses et demandent beaucoup d’énergie, c’est pourquoi le colibri se nourrit toutes les 10 minutes. Quotidiennement, il consomme l’équivalent de son propre poids en nectar de fleurs. Il a une durée de vie très courte, la plupart ne vivent pas au delà d’un an, certains cependant peuvent atteindre les 4 ans.

Leur plumage est souvent constitué de plumes iridescentes. C’est-à-dire qu’elles prennent la lumière, offrant des reflets métalliques du plus bel effet et suivant la position de l’oiseau, le temps extérieur pluie ou soleil, la couleur est changeante


Les Aras font partie des animaux emblématiques du Costa Rica

Dans la familles des aras, je vous présente le ara rouge (ara Macao) présent sur la côte Pacifique et dans les forêts humides. Ce sont de grands perroquets qui peuvent mesurer jusqu’à 86 centimètres et peser jusqu’à 1kg. Leur durée de vie moyenne est de 80 ans mais certains individus peuvent vivre jusqu’à 100 ans. Leurs plumes sont rouges sur le dessus puis jaunes et bleues. Fait intéressant : les jeunes individus ont les yeux foncés tandis que les plus vieux ont les yeux jaunes. De plus, les couples sont inséparables : ils se forment pour la vie.

Sur la côte Caraïbe et dans les forêts tropicales, il existe une autre variété : le ara de Buffon. Leur plumage est vert, leur queue rouge orangée avec l’extrémité bleue. Ils mesurent environs 90cm et peuvent peser jusqu’à 1,4 kg. Ce sont les plus grands Aras du Costa Rica et du monde et ils peuvent vivre jusqu’à 60 ans en moyenne. Ce sont des oiseaux bruyants (même en vol) dont les cris sont rauques. Ils se nourrissent principalement de fruits et de graines et adorent les noix. Ces perroquets vivent en groupes de 20 à 40 individus et lorsqu’un couple se forme, c’est pour la vie aussi !

Les Aras de Buffon, tout comme les Aras de Macao sont menacés : ils sont la cible de collectionneurs d’oiseaux fascinés par leur beauté. Ils sont également menacés par la déforestation. Ces oiseaux sont même classés comme étant en « Danger d’Extinction »


Un autre oiseau emblématique du Costa Rica: le toucan

Les toucans sont facilement repérables par leurs cris stridents et leurs couleurs vives, ils vivent à la cime des arbres et ils sont facilement visibles. Ils sont caractéristiques avec leurs becs colorés et démesurés qui, malgré leurs apparences mastocs, sont très légers et très vascularisés, cela leur permettant de réguler leur température

Nous avons vu plusieurs variétés de toucan: le toucan à carène avec son bec multicolore (qui ressemble à du plastique) et le toucanet émeraude avec un plumage vert et un bec jaune et noir


Le quetzal, la quête du visiteur au Costa Rica

Oiseau sacré des civilisations précolombiennes (mayas, aztèques...), le Quetzal resplendissant se fait de plus en plus rare en Amérique centrale et il est très difficile à voir car il vit en haut des arbres, il ne vole pas beaucoup, préférant sauter ou voleter de branche en branche. Un avantage pour le photographe car une fois qu’on l’a repéré, il ne bouge pas beaucoup, il est souvent immobile. Au Costa Rica, on le trouve seulement dans deux zones: la forêt nuageuse de Monteverde et San Gerardo de Dota. Nous aurons la chance de le voir à dans la région montagneuse de San Gerardo de Dota située à plus de 2000m d’altitude avec des températures plutôt fraiches.

Mais pour le voir, il va falloir se lever très tôt car le quetzal est un animal crépusculaire, qui est actif au crépuscule et à l’aube. Pour le trouver, il faut scruter dans les avocatiers dont les quetzals raffolent des fruits. Ils sont capables d’avaler de gros fruits grâce à leur mâchoire ajustable, pour ensuite régurgiter les grosses graines.

Le mâle mesure environ 30 cm, sa couleur dominante est un superbe vert émeraude, son ventre est rouge, son bec jaune et il possède une longue queue pouvant mesurer plus de 50 cm et une huppe sur la tête lui donnant un air fripon

La femelle quant à elle est moins belle, avec un vert plus terne que le mâle, la poitrine brun-gris et le dessous de la queue, barré noir et blanc.


De nombreuses autres variétés d’oiseaux

Véritable cours d’ornithologie pour la novice que je suis. J’avoue avoir du faire des recherches à mon retour pour me remémorer le nom des oiseaux que j’ai photographiés.

Oriole de Baltimore mâle possède une tête et un dos noirs et des dessous orange. Ses ailes sont noires avec des barres blanches et orange, et sa queue est orange avec des rayures noires

Oriole de Balmtimore

Oriole de Baltimore

Oriole de Baltimore femelle: ses couleurs plus pâles, sa tête n"‘est pas noire, et ses ailes soient brunes barrées de blanc

Oriole de Baltimore

Oriole de Baltimore

Tangara Évêque mâle présente un plumage presque entièrement bleu azur mêlé de gris sur le dos. La femelle est plus terne

Pic glandivore

Tangara Évêque

Pic glandivore

Tangara des palmiers: son plumage est gris terne et vert-olive. Les plumes de vol sont noirâtres, et sa longue queue est bordée de vert.

Geai à face blanche

Le Motmot houtouc

Pingara à dos rayé

Pic à bec clair

Geai enfumé

Engoulevent jotaka

Pic à bec clair

Faucon

Guit Guit Saï

Le pic a une structure osseuse soutenue par la langue qui commence dans la bouche, s'enroule autour du crâne et s'attache entre les yeux; c'est ce qu'on appelle l'hyoïde, qui agit presque comme une ceinture de sécurité autour du cerveau et qui le protège des chocs lors des percussions sur les troncs.


La faune rencontrée dans les forêts humides

Les singes du Costa Rica

Singe capucin reconnaissable par sa fourrure marron- noir, sauf sur la tête, la gorge et les épaules où le poil est blanc- jaune blanche; sa queue, dotée de vertèbres puissantes est très longue. Le singe capucin est doté d’une intelligence exceptionnelle : il taille des branches et des cailloux pour en faire des outils adaptés à la capture d’insectes. Tous les matins, le mâle dominant émet un cri pour réveiller tous les individus de son groupe afin de partir à la recherche de nourriture. Les groupes de Capucins sont très mobiles et parcourent en moyenne 2 kilomètres par jour sur un territoire global d’une trentaine de kilomètres carrés en moyenne. En cas de menace, les mâles se regroupent et montrent leurs dents tout en poussant des cris stridents dont le rôle est à la fois de donner l’alerte au groupe et d’effrayer l’intrus.

Singe hurleur comme son nom l’indique, le singe hurleur est très bruyant et il pousse des cris stridents pouvant être entendus sur plusieurs km. Selon les spécialistes, ce cri lui permettrait de défendre son territoire. Cependant ce singe n’est pas agressif, il passe son temps à la cime des arbres à la recherche de nourriture végétale.

Le singe araignée et le singe écureuil, mais nous les avons pas rencontrés. Nous allons devoir retourner au Costa Rica!!! Photos de Geoffroy Klammeraffe et Gilbert Calatayud

Singe paresseux

Le paresseux, difficile à repérer car il passe son temps à la cime des arbres, bouge très peu (trop fatigant pour lui; il ne s’appelle pas paresseux pour rien) et ne descend au sol qu’une fois par semaine pour ses besoins. Il y a 2 types paresseux:

le paresseux à gorge brune avec 3 griffes qui passe son temps tête en bas

le paresseux de Hoffman avec 2 griffes, lui aussi très lent dans ses mouvements, préférant dormir et passant 80% de son temps à son activité favorite: dormir

Mais cette lenteur est la clé de leurs survies car se nourrissant de baies, de fleurs, de feuilles, ils ont une alimentation très pauvre en énergie et manquent d’une grande partie des nutriments nécessaires comme les protéines par exemple, donc ils s’économisent

Les écureuils

Le raton laveur

Le raton laveur du Costa Rica est un omnivore, ce qui signifie qu'il se nourrit à la fois de plantes et d'animaux. Son régime alimentaire se compose de fruits, de noix, d'insectes, de petits mammifères et de reptiles. Le raton laveur du Costa Rica est un élément important de l'écosystème car il aide à disperser les graines et à contrôler les populations de parasites.

Plus petits, plus proches du sol et plus faciles à voir: lézard et iguane, par contre plus difficile à voir et plus dangereux: les serpents.

Le cténosaure noir est un iguane à queue épineuse noire mesurant jusqu’à 1,5m de long. Il possède le record du monde de vitesse des lézards et peut courir jusqu’à 35km/h. Il se nourrit principalement d’herbes et de plantes, mais ce lézard aime occasionnellement manger de petits animaux.

Malgré les indications de notre guide qui savait les repérer, je n’ai jamais réussi à les voir. Je vous mets donc des photos trouvés sur des sites touristiques de la vipère de Schlegel, avec ses jolies écailles jaunes et le serpent fer de lance, l’un des plus redoutables. Il est de couleur brunâtre, idéale pour se camoufler dans la nature et peut atteindre les 2 m de longueur, parfois même plus. Tellement bien camouflé que j’ai cru photographié la tête du serpent alors que ce n’était qu’un bout de bois.

Le seul que j’ai réussi à voir: le serpent liane

Saurez vous trouver le serpent liane qui se cache au milieu des branches? Moi, je ne l’aurais jamais vu toute seule car il était dissimulé dans les hautes herbes, visible seulement avec le téléobjectif.


CÔTE PACIFIQUE DU COSTA RICA: parc national manuel Antonio CÔTE CARAÏBE DU COSTA RICA: PARC DE CAHUITA

A l’Est, situé sur les côte pacifique, le parc Manuel Antonio, très touristique est victime de son succès et de ce fait, a du limiter le nombre de visiteurs à 600 en semaine et 800 en week-end. Il faut dire que ce parc est un véritable concentré de ce que l’on peut voir au Costa Rica: plage paradisiaque, forêt luxuriante et observation facile de nombreux animaux. Dans ce parc, on se promène sur des sentiers serpentant dans la jungle (interdiction de sortir des sentiers à cause de la présence très dangereuse de serpents mortels) qui nous font passer de la forêt vierge à la mer bleue turquoise

A l’ouest, le parc Cahuita, lui aussi longe la mer et propose des sorties nocturnes pour découvrir les animaux nocturnes et la fameuse rainette aux yeux rouges qui se cache dans une végétation dense pour se protéger des prédateurs (oiseaux, serpent, chauve souris) et sans le guide nous ne l’aurions jamais trouvé!

Le parc étant situé en bord de mer, on y trouve des animaux aimant cet environnement.

Crabe des mangroves , le bernard l’hermite, le basilic lézard, ce dernier est réputé pour son talent remarquable : il est capable de courir sur l’eau et même s’il est bon nageur et peut facilement rester 30 minutes sous l’eau, il passe le plus clair de son temps dans les arbres des forêts tropicales. Grâce à ses longs orteils palmés, il frappe l’eau ce qui crée des petites poches d’air qui lui permettent de flotter.


Les fourmis coupe feuille montent à la cime des arbres pour découper les feuilles tendres des arbres et ensuite les transporter sous forme d’encombrants morceaux, semblables à des drapeaux verts, beaucoup plus grands qu’elles-mêmes, sur de longues distances jusqu’à leurs colonies. Une fois arrivées à destination, les fourmis mâchent les morceaux de feuilles pour alimenter des cultures de champignons souterraines.

Et encore des oiseaux…


J’ai peu de photos de paysage car mon appareil était monté avec le 150-600 et avec l’humidité ambiante, j’ai préféré ne pas trop changer d’objectif. J’ai quand même réussi à faire quelques clichés de Philippe avec ses belle sandales !!!!

Voilà, j’espère vous avoir fait voyager avec mon récit et peut être vous avoir donné l’envie d’aller au Costa Rica . Merci d’être arrivé jusqu’au bout de la page

Une visite du blog de Philippe est possible sur le lien , Costa Phil

Organisée tous les cinq ans, la première exposition universelle a eu lieu en 1851 à Londres, et la plus récente s’est tenue à Milan en 2015. L’expo 2020 de DubaÏ sera quant à elle, la première exposition mondiale à se tenir au Moyen-Orient, en Afrique ou en Asie du Sud, et sera le plus grand événement jamais organisé dans les Émirats arabes unis. Cette année, le thème de l’Exposition Universelle est “Connecter les esprits et Construire le futur” avec en arrière plan 3 sous-thèmes: la durabilité, l’opportunité et la mobilité. Le moteur principal de ces réflexions étant bien entendu l’économie d’énergie et la préservation de la planète. Mais n’est ce pas un peu contradictoire qu’une telle exposition se déroule à Dubaï, la ville des excès, de la démesure qui ne cherche qu’à s’agrandir et à faire du profit, nullement soucieuse de sa consommation énergétique et de son impact sur la planète?

Qui se soucie du réchauffement climatique? Ne sommes nous pas en train de courir à la destruction de l’environnement en organisant les JO d’hiver à Pékin, dans une ville sans neige, une coupe du monde de football au Qatar dans une ville battant des records de chaleur et nécessitant un stade climatisé, en créant une ville aux portes du désert, dans la démesure, où chaque entrepreneur cherche à construire des tours de plus en plus hautes, énergivores et souvent inoccupées car la population locale ne peut pas investir dans ces locaux réservés pour les élites du pays et les investisseurs étrangers. Imaginez qu’il y a encore une vingtaine d’années, il n’y avait qu’une dizaine de tours et 1.7 millions d’habitants à Dubaï. Maintenant la ville comptabilise 3 millions d’habitants et…plus de 300 grattes ciel. Leur objectif est: toujours plus loin, toujours plus haut ! Les complexes hôteliers et infrastructures poussent comme des champignons. Les travaux ne cessent jamais. Cette ville concentre à elle seule le quart des grues que l’on trouve sur Terre!.

L’imagination des investisseurs est sans limite: qui aurait pensé bâtir une ville dans un désert, construire des marinas dans un désert, créer des îles artificielles comme Palm Island avec la forme d’un palmier et The World représentant la terre, visibles depuis la lune, et construire des grattes ciel dans du sable avec une architecture surréaliste comme le Burj Khalifa. En effet, l'émirat a lancé ces dernières années des projets immobiliers gigantesques, qui ont fait sa réputation à l'étranger, pour s'imposer comme un centre régional des affaires et une destination touristique pour pallier le tarissement de ses ressources pétrolières.

Nous commençons notre séjour par la découverte de Dubaï et nous ne attendions pas à une telle démesure, ici tout est immense et il faut souvent prendre la voiture pour se déplacer dans cette mégapole. Contrairement à New York, la ville est déserte et on ne croise que de rares travailleurs étrangers marchant dans les rues car les piétons ne sont pas les bienvenus et faire un chemin à pied, c’est presque impossible: la vie à Dubaï ne se passe pas à l’extérieur mais à l’intérieur; d’ailleurs la plupart des rues ne possèdent pas de trottoirs à proprement parler mais des voies de stationnement pour permettre aux habitants de s’engouffrer facilement à l’intérieur des immeubles. Donc inutile d’espérer vouloir visiter la ville à pied car la plupart du temps il est impossible de passer d’une rue à l’autre dans cet ensemble de routes et autoroutes qui s’entrelacent à n’en plus finir. Les transports en commun ne sont pas très développés, il y a deux lignes de métro automatisées qui traversent la ville et il faut beaucoup de temps pour arriver à l’endroit désiré. Restent les taxis, moyen économique et pratique mais là encore, il faut s’armer de patience si vous cherchez un taxi aux heures de pointe et aux abords des centres commerciaux (plus d’une heure d’attente pour trouver un taxi libre) car la demande est importante, quant aux taxis Uber, ils triplent le prix de la course durant ces périodes de haute fréquentation.

Et dans ce monde bétonné, vous aurez du mal à trouver un endroit paisible ou vous pourriez vous reposer: aucun arbre, aucun parc car en fait Dubaï compte peu de verdure pour des raisons essentiellement économiques (l’entretien d’un seul arbuste représente sous ces latitudes un cout de 2500 $ annuel !) Amateurs de verdure s’abstenir de venir à Dubaï, même les rares oiseaux ont du mal à trouver une place pour se poser


Dubai attire beaucoup de personnes pour son shopping de luxe. Le Dubai mall, le plus grand mall de la ville et du monde : 1150 enseignes, 1 million de mètres carrés, 4 étages, 160 restaurants pour 50 millions de visiteurs par an. Bienvenue dans la démesure !

Dans ce centre commercial, on y trouve le Dubai Aquarium, une cascade artificielle ornée de statues de plongeurs, des parcs d’attractions à thème et même une patinoire… et la terrasse du Dubai Mall donne sur son lac artificiel où se produisent tous les soirs le spectacle des fontaines, un “Las Vegas façon Dubaï “

Le tour du lac permet d’admirer les complexes hôteliers, les buildings et les différents points de vues sur le Burj Khalifa!

Se promener dans ce centre commercial est un véritable dépaysement : les européennes en mini-jupes et décolletés se mélangent aux femmes en burqa noir, qui sont d’ailleurs d’une grande élégance ! On ne voit finalement que leurs yeux, leurs mains et leurs chaussures ; mais cela suffit pour remarquer qu’elles sont toujours parfaitement maquillées, que leurs manucures sont impeccables et que leurs chaussures sont des escarpins de marques (coucou les Louboutins ) assorties à leurs sacs Louis Vuitton ou Chanel (souvent accompagné d’un sachet Victoria Secret).

Et chez les hommes, le contraste est tout aussi frappant, les touristes en short se mêlent aux locaux en tenue traditionnelle blanche, la dishdash, parfaitement repassée, d’un blanc immaculé, mettant en valeur leurs visages rasés de près avec des barbes magnifiquement entretenues, et le petit détail qui nous rappelle que nous sommes à Dubaï: la montre rollex en or qui dépasse discrètement des manches… Un beau mélange qui frappe immédiatement et qui ne met pourtant pas mal à l’aise, il semble n’y avoir aucun jugement de leurs parts

 

A l’extérieur du mall, Un incontournable à Dubaï: la tour Burj Khalifa , c’est le gratte ciel le plus haut du monde, pour l’instant…. Du haut de ses 828 mètres, elle domine toute la ville et il est possible de monter au 148ème étage at “the top of the skye”. Des ascenseurs nous amènent à 555 mètres en quelques secondes seulement (10 mètres par seconde). On a tout juste le temps de profiter de la projection sur les parois de l’ascenseur d’un diaporama qui compare les hauteurs de la Burj Khalifa avec les autres monuments de la planète (Tour Eiffel, Empire State Building etc…)

Mais cette tour est aussi un véritable désastre écologique: pour assurer la climatisation de ses 160 étages habitables, elle consomme 946 000 litres d’eau par jour.

Le chantier de Burj Khalifa a débuté en 2004 et la tour a été officiellement inaugurée le 4 janvier 2010. Plus de cinq années ont donc été nécessaire pour bâtir cet édifice gigantesque. Les 12 000 ouvriers étaient pour l'essentiel des immigrés d'Asie du Sud-Est. Leurs conditions de travail déplorables et leurs rémunération très basses ont suscité de nombreuses critiques. Des associations ont dénoncé les mauvaises conditions de travail et d'hébergement et les risques pour la sécurité de ces nombreux immigrés. En 2006, ils se sont mis en grève dans tout l'émirat et ont obtenu une revalorisation de leurs salaires après deux semaines d'arrêt de travail.


La promenade le long du canal reliant le centre d'affaire aux eaux du Golfe permet de voir la skyline de Dubaï. Ce canal, projet pharamineux, a crée en 2013 pour se doter d'un nouveau pôle de développement commercial et touristique. D'un coût de plus de 600 millions d'euros, le Dubai Water Canal est long de 3,2 kilomètres et large de 80 à 120 mètres. Ses berges accueillent de nombreux restaurants, lounges et hôtels de luxe, et c’est un excellent spot pour admirer la spectaculaire architecture de la ville. De luxueux bateaux sont amarrés dans la marina et attendent, sous la surveillance des employés de bord, que leurs riches propriétaires les fassent naviguer au large.


Des bâtiments tous aussi incroyables, comme ce musée du futur qui ouvrira ses portes le 22/2/2022, entièrement recouvert d’une calligraphie arabe retraçant les lignes d’un poème de Sheikh Mohammed, Premier Ministre des Émirats Arabes Unis et Souverain de Dubaï. Les écritures s’illuminent à la tombée de la nuit.

Mais pour que ces immenses façades brillent au soleil, il faut un entretien constant car le vent du désert, chargé de sable les rend rapidement sales. Là encore, les entreprises font appel à des travailleurs étrangers, principalement originaires du sous-continent indien, car ls souffriraient moins de vertige que d’autres. Dès qu’on regarde les gratte-ciels de Dubai, on devine leurs silhouettes, ce sont les laveurs de carreaux de l’extrême, sélectionnés puis entrainés avec rigueur avant d’être suspendus sur les façades des immeubles. Par exemple, nettoyer les vitres de Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde de 828 prend entre 3 et 4 mois.


A côté de ce Dubaï futuriste, il y a le vieux Dubaï, plus traditionnel où habitent la majorité des Dubaïotes car dans la ville les loyers sont trop élevés et inaccessibles pour la majorité d’entre eux. Dubaï est une ville très cosmopolite puisqu’on ne compte que 10 à 15% de locaux, les autres habitants sont des étrangers expatriés . Parmi les communautés d’expatriés, la plus grande, et de loin, vient d’Inde. Ensuite, on dénombre beaucoup de Pakistanais, de Bengalis et de Philippins. Les ressortissants de ces communautés sont essentiellement employés sur les chantiers de construction et les marchés.

Nous sommes donc allés aux souks du côté du quartier de Deira. Depuis le vieille ville, il y a un embarcadère pour y accéder en bateau traditionnel. Les différents souks se trouvent côte-à-côte: l’or, les épices, le textile… L’endroit est plus typique et traditionnel que dans les autres quartiers mais il faut s’éloigner des allées principales pour trouver une note d’authenticité car de nombreux touristes visitent ce lieu et font la joie des rabatteurs qui nous alpaguent à chaque stand pour nous vanter leurs produits . Le souk de l’or de Dubaï montre encore la démesure de cette ville: plus de 300 boutiques, spécialisées dans le travail de l’or, de l’argent et des pierres précieuses dévoilent leurs bijoux dans des vitrines. La variété des bijoux exposés dans ces boutiques est vraiment incroyable. Boucles d’oreilles, colliers, parures, bagues, bracelets… partout, les vitrines brillent de mille feux. Toutes ces richesses sont exposées presque sans la moindre protection. Il n’y a aucune grille ou services de sécurité dissuasifs : le Gold Souk est le lieu parfait pour constater que Dubaï est une ville particulièrement sûre. Au total, d’après les estimations, les bijoux présents dans les vitrines représenteraient près de 25 tonnes d’or.


Et maintenant 3 jours de visite à l’Exposition Universelle qui était la raison initiale de cette destination.

Sur l’emplacement de l’expo, Il n'y avait que du désert ici. Aujourd'hui, ce bout de terrain, égal à deux fois la taille de la ville de Monaco, est devenu le site le plus visité à l'international. D'une durée de six mois, l'événement rivalise d'ingéniosité pour attirer des visiteurs du monde entier. 192 pays sont représentés à travers leurs pavillons et mettent en avant des technologies de pointe. Bien que nous ayons bénéficié du pass sénior, nous évitant les files d’attentes de parfois plusieurs heures (finalement, ça a parfois des avantages d’être classée dans la catégorie sénior) nous n’avons pas pu visiter tous les pavillons. Tous ne présentent pas un grand intérêt, et on devine rapidement le budget alloué à cette présence à Dubai à la taille du pavillon et l’objectif du pays. Certains états moins riches ne présentent qu’une exposition en photos agrandies des aspects touristiques de leurs pays, les plus riches tablent sur différents tableaux (politique, économique, touristique) …

Je vous emmène en voyage dans le monde entier à travers les différents pavillons, plus de 190 pays participant, je vous partage mes coups de cœurs

Pavillon de la Suisse

Ce pavillon suisse se présente sous la forme d’un gros cube aux façades réfléchissantes, qui dévoile un immense drapeau suisse ponctué par des petits points rouges et blancs se déplaçant sur ce tapis rouge: ce sont les visiteurs, protégés sous des parapluies aux emblèmes de la suisse, qui progressent vers l’entrée du pavillon

A l’intérieur, le visiteur est invité à partir en randonnée à travers une mer de brouillard pour découvrir l’exaltante nature de la Suisse, profiter des magnifiques paysages et découvrir les opportunités surprenantes offertes par la Suisse.


Pavillon du Kazakhstan

Le pavillon du Kazakhstan est très impressionnant dès la première minute: nous arrivons dans un immense espace recouvert de champ de blé, chaque épi illuminé par une LED, tout autour de nous, des murs miroirs se réfléchissant les uns sur les autres et sur lesquels défilent les riches paysages naturels du Kazakhstan. C'est très beau. Au deuxième étage, la capitale se dévoile au rythme du soleil et le pays présente des tas d’innovations technologiques insistant sur l’importance de l’intelligence artificielle dans notre vie sociale. La visite se termine par la performance acrobatique d’une danseuse avec un bras robotisé, spectacle symbolisant l'interaction humaine avec l'intelligence artificielle et la recherche d'un équilibre entre eux.Surtout, le pavillon met en lumière les secteurs de l'économie du pays dont le Kazakhstan est fier, tels que les secteurs de l'investissement, de l'industrie, du transport et de salogistique et de l'agriculture.


Pavillon du Bahraïn

Le pavillon apparaît de l'extérieur comme une boîte métallique, toute cabossée, sans fenêtre, truffée de longues tiges métalliques. Il est impossible d'en distinguer l'entrée ou la sortie.

Nous empruntons une longue rampe qui nous conduit dans un tunnel de pénombre où l'air devient plus frais, les bruits du monde extérieur s'estompent et une agréable odeur de fleurs réveillent nos sens. Selon l'architecte, cette descente offre « un passage entre le monde extérieur et l'intérieur du pavillon ». Une fois arrivés à l'intérieur du pavillon, nous découvrons une immense salle, recouverte de métal, traversée de toute part par des tiges métalliques s'élevant du sol au plafond et qui forment une sorte de forêt.  Pas de fenêtres et pourtant une lumière éclatante règne à l’intérieur du pavillon


Pavillon des Émirats arabes unis

Situé au cœur du site de l’Exposition universelle de Dubaï, le pavillon du pays hôte, les Émirats arabes unis (EAU), arbore l’un des designs les plus spectaculaires lors d’un événement regorgeant de merveilles architecturales.

La structure de quatre étages est recouverte de 28 ailes représentant un faucon, oiseau national des Émirats arabes unis. Les ailes, comportant des panneaux solaires intégrés, peuvent s’ouvrir complètement en quelques minutes pour mieux absorber la lumière du soleil et l’électricité qu’elles produisent est alors envoyée directement au réseau électrique principal. Lorsqu’ils ne sont pas utilisés, les panneaux restent protégés des éléments, y compris des puissantes tempêtes de sable de la région. Le bâtiment lui-même a la forme d’une tente bédouine traditionnelle, centrée autour d’un auditorium sphérique avec une grande lucarne juste au-dessus qui diffuse une douce lumière à l’intérieur. Contraste saisissant entre le sous sol qui nous fait voyager a travers des dunes de sable (du vrai sable du désert) et cette grande salle d’un blanc immaculé fraiche et aérée


Pavillon de l’Italie

Sa façade est recouverte d’un rideau de cordes nautiques réalisées à partir de plastique recyclé, l'équivalent d'environ 2 millions de bouteilles en plastique. À l'intérieur des cordes, des LED ont été incorporées pour éclairer et apporter dynamisme à la façade.

Le toit est composé de trois coques de bateaux grandeur nature, qui mesurent entre 40 et 50 mètres de long et sont peintes dans les couleurs du drapeau italien (vert, blanc et rouge) Les trois coques sont parfaitement capables de naviguer et après l’exposition elles seront utilisées comme telles. Elles sont soutenues en position renversée par de minces piliers en acier, qui soutiennent également une voile régulant l'intensité de la lumière naturelle au cœur du pavillon. Une série d'innovations et d'expérimentations animent toute la structure. Des matériaux de construction inhabituels ont été employés dans l'ensemble du projet, fruit d'un long travail de recherche : des algues au marc de café, en passant par les peaux d'orange et par le sable. Sur le plan technologique, un système de nébulisateurs est utilisé pour offrir une alternative durable à l'air conditionné.

La visite se termine par le « Teatro della Memoria », où est exposée une copie du David de Michel-Ange imprimée en 3D


Pavillon des Pays Bas

Véritable biotope, doté de son propre système climatique, le Pavillon des Pays-Bas produit de l’eau, de l’énergie et de la nourriture à l’aide d’innovations durables, comprenant notamment une ferme verticale. Ce monde miniature est alimenté en énergie propre grâce à des panneaux solaires en « vitrail » qui sont aussi des lucarnes, laissant entrer la lumière du jour dont les plantes ont besoin pour la photosynthèse.

Pour minimiser le transport, l'intégralité du pavillon a été construite avec des matériaux locaux. Tous les matériaux seront restitués ou recyclés à l'issue de l'expo, une stratégie qui permettra de minimiser au maximum l'empreinte carbone du pavillon. Ainsi, et compte tenu de la grande légèreté des solutions solaires, celles-ci pourront être facilement démontées, transportées et réutilisées après l’Expo. l

En entrant dans le pavillon, nous avons droit à une chorégraphie fascinante d'éléments visuels et graphiques, qui expliquent comment notre planète cherche à équilibrer l'eau, l'énergie et la nourriture puis nous “affronterons” la pluie dans le désert , magnifique mise en scène à l’aide de parapluies projetant des images au dessus de nos têtes sur les parapluies


Pavillon de Singapour

Le concept de base du pavillon de Singapour était de créer une oasis dans le désert, et d’offrir une parenthèse de calme dans l'agitation de l'exposition en venant se ressourcer auprès de la nature. Pavillon conçu à l'image du pays qu'il représente: Plus de 50% du territoire de la cité-Etat est occupé par de la végétation ou des arbres. Ainsi, la ville dans la nature est caractérisée dans le pavillon par des couloirs sinueux empruntant des passerelles qui traversent des jardins suspendus et qui contournent les cônes entièrement végétalisés et auto-alimentés en eau par un système de récupération de l’eau. Dès que l’on pénètre à l’intérieur du pavillon, une agréable fraicheur nous accueille; cette fraîcheur provient uniquement des feuillages qui régulent la chaleur et maintiennent l’humidité. Les "cônes", d'une hauteur de neuf mètres, entièrement végétalisés abritent chacun un thème. D'abord, la ville et les défis qu'elle représente face à un monde naturel menacé, puis la forêt tropicale, avec ses plantes rapportées de Singapour qui donnent aux visiteurs l'impression de se balader en pleine jungle. Viennent enfin les fleurs dans un espace entièrement pensé pour faire la part belle aux orchidées. Au total, 80.000 plantes provenant de 170 espèces ont été utilisées dans ce projet. Si le pavillon a principalement été construit en acier et recouvert de plantes, l'agence s'est efforcée de sélectionner des matériaux qui peuvent être démontés et réutilisés .


Pavillon de l’Angleterre

Construit à partir de bois, le pavillon en forme de cône a une façade circulaire faite de lattes saillantes sur lesquelles des poèmes, créés à partir de mots soumis par les visiteurs et générés par l'IA s’inscrivent en anglais et en arabe à l'aide de lumières LED sur la façade. Un nouveau poème est écrit chaque minute. La structure, qui est le premier pavillon britannique conçu par une femme designer, vise à attirer l'attention sur l'importance croissante des algorithmes et de l’IA


Pavillon de la Finlande

Le pavillon finlandais, qui s'inspire de la nature, du design et de l'innovation finlandais, a recouvert sa façade d’une toile tendue blanche, pour évoquer les paysages enneigés finlandais et a découpé son entrée principale pour rappeler les formes d’une tente arabe traditionnelle. Deux cultures se rencontrent dans le concept architectural du pavillon. Vue de l'extérieur, sa structure est simple mais raffinée. Et l’intérieur révèle un agréable espace “boisé” version moderne tout en courbes et en simplicité.


Pavillon de Russie

Un énorme dôme entouré de tubes colorés occupe le paysage de l'Exposition universelle 2020. Ce bâtiment, m’évoquant un gros bonbon, se présente sous la forme de deux hémisphères qui s'emboîtent l'un dans l'autre. A l’intérieur, une exposition multimédia high-tech présente une sculpture interactive du cerveau humain qui semble flotter dans les airs et démontre l’importance de la connaissance du cerveau humain et son fonctionnement .


Pavillon des États Unis

Pour les passionnés de l'espace, le pavillon des États-Unis est un incontournable. Pour débuter, un tapis roulant nous fait traverser les premières expositions sur la thématique de la liberté et des innovations .La section spatiale au sommet du pavillon nous permet de toucher une roche lunaire, vieille de plus de 3,5 milliards d'années ,qui a été collectée lors d'une des missions Apollo, on peut également voir une météorite martienne, trouvée en Antarctique, prêtée par la NASA et le jumeau du robot Mars Rover qui a voyagé sur Mars. Une reproduction de fusée SpaceX est exposée au dernier étage et un spectacle interplanétaire nous emmène sur la lune puis sur Mars


Pavillon de l’Autriche

A l’extérieur, le pavillon complètement différent de l’architecture classique, se présente sous forme de cônes blancs, brillants, installés côte à côte. A première vue, c’est très intrigant; c’est encore plus surprenant lorsque nous pénétrons à l’intérieur. Suivant le modèle des tours éoliennes de la tradition locale du bâtiment, les cônes de différentes hauteurs entraînent un déplacement constant de l’air, assurant ainsi un équilibre de la température. L’Autriche a souhaité tenir un engagement clair faveur de la protection du climat et de la technologie en s’inspirant des tours à vent historiques et des propriétés de régulation du climat de l’architecture d’argile arabe.

A l’intérieur, pas de spectacles audiovisuels comme de nombreux pavillons le proposent, mais nous découvrons un oasis de calme, très minimaliste, nous invitant à un voyage sensoriel, mettant tous les sens en éveil. Cette expérience est rendue possible avant tout par l’utilisation de la technologie, qui est utilisée ici de manière complémentaire et qui souligne et complète de manière optimale les surfaces d’argile des cônes avec les pictogrammes simples, la canopée de feuilles bruissant au vent sur les cônes ouverts et les intenses jeu d’ombre et de lumière.

La compétence autrichienne en matière de technologie n’est pas visible, mais perceptible. Mais elle montre que même dans le climat désertique chaud, la technologie de climatisation conventionnelle peut être largement supprimée. Les besoins énergétiques du bâtiment ont été réduits de plus de 70 % par rapport à des bâtiments similaires sur le site.

Bravo l’Autriche!! . Ce pavillon a d’ailleurs reçu le prix mondial d’architecture et de design.



Le pavillon de la Suède

Le pavillon suit un thème inspiré par la nature: promenons nous dans les bois au milieu de ces troncs importés du pays scandinave et terminons notre balade au café ikea niché dans un coin …

Introduire l’esprit de la forêt dans une création architecturale est une excellente façon d’aborder le problème de l’écosystème et ce pavillon qui a d’ailleurs reçu un prix d’architecture internationale est le véritable reflet de l’identité suédoise.


Pavillon de la Nouvelle Zélande

Le thème du pavillon est kaitiakitanga, le soin et la connexion entre la terre et les gens, et a été inspiré par les waka taonga, récipients fabriqués par les Maoris pour sauvegarder les objets de valeur. Des écrans numériques dans tout le pavillon affichent des images de la Nouvelle-Zélande et de ses industries.


Pavillon du Pérou

La façade du pavillon, composé d'un tissu volumineux, met en lumière le lien millénaire qui existe entre les Péruviens et le tissage. L'entrée du pavillon s'inspire des ponts en « ichu », le matériau avec lequel les anciens ponts incas étaient construits. En entrant, d'immenses murs animés nous font voyager au Pérou qui nous dévoile ses richesses, l’accent étant mis sur le secteur textile afin de promouvoir la fibre d'alpaga et le coton péruvien, et le secteur alimentaire, dans lequel les “superaliments” jouent un rôle primordial, dynamisant l'industrie alimentaire.


Trois impressionnantes portes sont installées à l’entrée de l’immense site de l’événement. Ces portails offrent des visions différentes en fonction du moment de la journée, en jouant de manière inventive avec la lumière et les ombres.

Monument dédié aux travailleurs de l’expo

Une rangée de 38 colonnes de pierre portant le nom de chaque travailleur impliqué dans la construction du site et leur rendre hommage car plus de 200 000 ouvriers ont pris part à la construction du site de l'expo, parmi ces ouvriers, 3 ouvriers sont morts et plus de 70 ont été grièvement blessés sur le chantier

Dernier aperçu d’autres pavillons ,

Une fois l’Expo terminée, le site sera transformé en une un quartier intelligent et connecté appelé District 2020, et plus de 80 % des bâtiments et attractions deviendront des installations permanentes. Si l’on considère que l’Expo de Paris de 1889 nous a donné la Tour Eiffel, on peut donc d’ores et déjà considéré que l’héritage architectural de l’Expo 2020 de Dubaï entrera lui aussi dans l’histoire.

Et voilà, notre périple se termine, reviendrons nous à Dubaï, je ne le pense. Même si cette ville mérite d’être vue au moins une fois, parce qu’elle présente un intérêt architectural, et que l’on se sente en sécurité, il me manque les petites rues ombragées, les commerces de quartier, les parcs ou viennent se promener les familles et où les chiens peuvent se défouler et rencontrer d’autres copains, une convivialité dans les rues…. bref avoir l’impression d’être dans une ville qui vit plutôt que d’être dans une ville dévorée par l’anonymat et la démesure…

Je vous conseille d’aller sur le blog de Philippe qui a une approche différente de cette ville et a ramené de magnifiques photos que je jalouse secrètement.

Merci pour les courageux qui sont allés jusqu’au bout de cette page.

MA VILLE, LA NUIT

Ma ville, la Celle Saint Cloud, ville de banlieue parisienne, compte plus de 20 000 habitants mais pourtant la nuit, on s’y sent seul.

Les rues sont désertes, les commerçants ont baissé leurs rideaux de fer, les lampadaires brillent péniblement dans les entrailles de la nuit, les gares sont devenues silencieuses, les voitures sont sagement parquées dans les rues et seules les façades d’immeubles affichent une présence humaine avec, de temps en temps, une fenêtre qui s’éclaire, un écran de télé qui projette des jeux de lumière…

Parfois, il m’arrive de croiser un passant promenant son chien ou une personne marchant furtivement, rentrant d'une journée harassante, le regard las et fatigué.

 

Mais lorsque je me promène au hasard des rues, j’éprouve le sentiment de me fondre dans l’obscurité, de me laisser envelopper par la nuit environnante, et de pouvoir me cacher au regard des gens pour avoir une vision intrusive sur leurs vies privées.

 

La nuit, c’est un monde mystérieux, qui incite à la mélancolie, à la tristesse car les pensées qu’on a dans la l’obscurité ne sont pas les mêmes que celles qu’on a dans la lumière.

 

LES OUBLIES DU PÈRE LACHAISE

Je suis parti, et pour toi, le temps s’arrête

Tu me pleureras tous les jours

Tu me prieras

Tu me rendras visite

Tu me fleuriras

Puis peu à peu, le temps reprendra ses droits

Il viendra m’effacer de ta mémoire

Tes visites s’espaceront

Du monde des morts, je passerai au monde des oublis

Mais peut-être qu’un jour

Je reviendrai au monde des vivants

Si le cimetière du Père Lachaise est aujourd’hui très populaire, cela n’a pas toujours été le cas. À son ouverture, les parisiens boudaient cet espace situé, à l’époque, hors de Paris et dans un quartier populaire. Si bien que trois ans après son ouverture (en 1804) le cimetière ne comptait que 62 tombes. Pour séduire et attirer les parisiens, la mairie de Paris y transféra les dépouilles de Molière et La Fontaine. Une idée brillante puisque dès 1830 on dénombra 33 000 tombes !