Ce voyage ne sera pas un trek en terre inconnue comme je l’ai fait cet été, mais presque tout comme, sauf que je connais la destination: Hokkaido et que notre voyage se fera en voiture et non à pied. Philippe a tout organisé et je ne connais pas du tout le programme. Ce sera la surprise au jour le jour.
Hokkaido, proche de la Sibérie, est connue pour ses hivers rigoureux et la qualité de sa neige qui est réputée pour être la meilleure au monde (elle est qualifiée de "Champagne Powder" par les skieurs en raison de sa texture fine et aérienne, on dirait du sucre en poudre)
Les jours précédents notre départ, de violentes tempêtes de neige se sont abattues sur Sapporo et nous nous attendions à affronter des routes enneigées, voir impraticables et des températures très basses. Mais les dieux de la météo ont été cléments avec nous et nous allons bénéficier de très bonnes conditions (le plus froid sera à -15 degrés lorsque nous serons au centre de l’île)
Mais un tel voyage se mérite car le trajet demande pratiquement 15h pour arriver à destination, le survol de la Russie étant interdit, le vol aller passe par le Sud et le vol retour passe par le Pôle.
Premier vol Paris-Tokyo, où nous croisons Godzilla qui accueille les visiteurs, puis vol domestique pour Sapporo, où nous récupérons la voiture. Le voyage peut commencer. Mon chauffeur va devoir apprivoiser la conduite à gauche, les routes verglacées, les panneaux écrits en japonais et les feux de la circulation horizontaux, situés après le carrefour.
Les deux premiers jours: Sapporo
Découverte de la ville, qui en fait ne présente pas un grand intérêt . Cette ville dont la construction date du XIXème siècle, est organisée en damier comme certaines villes américaines et son centre, composé d’immeubles, comporte de nombreux passages abrités, appelés shotengai, qui sont en fait des rues commerçantes couvertes. La plus grande galerie de Sapporo est Tanukikoji Shotengai et elle fait environ 1km de long. Ces passages regorgent de bars, de brasseries artisanales, de restaurants avec des vitrines présentant les plats (sous forme de sampuru, faux plats en plastique, véritable réplique du plat proposé), de commerces, de drugstores où l’on trouve pleins de surprises, de boutiques de gadgets… et toutes sortes de surprises….
Entre autre, à la sortie d’un magasin, un spectacle de rue de Taïko (Taïko désigne les différentes sortes de tambours au Japon. Le Taiko traditionnel, en bois, est en forme de tonneau dont une ouverture est recouverte par une peau de daim ou de cheval. Ces instruments sont joués avec des baguettes courtes ou des mailloches.
Sapporo en Février, c’est aussi le festival de la neige qui a lieu tous les ans: le Yuki Matsuri se déroulant sur trois sites de la ville.
Il a débuté en 1950 avec quelques sculptures faites par des étudiants japonais, a grandi au fil des années et s’est fait connaitre au moment des jeux olympiques en 1972. C’est devenu un des festivals japonais le plus impressionnant, qui attire maintenant plus de 2 millions de visiteurs.
Des sculptures de neige de plus de 10 m de haut s’alignent le long du Parc Odori. Représentant des héros de manga, des bâtiments célèbres. Ces sculptures sont impressionnantes par leurs précisions et leur apparences semi réelles. Le soir, elles s’illuminent et se couvrent de mapping.
Sur le site de Susukino, des sculptures de glace sont réalisées avec la plus grande minutie. Elles jalonnent la rue commerçante et offre aux visiteurs un véritable musée en plein air sous la lumière des néons des boutiques et l’effervescence de la rue.
L’environnement étant très urbain et très fréquenté, il est difficile de mettre en valeur ces œuvres et les photographies ne présentent pas un grand intérêt artistique, c’est juste pour voir à quoi ça ressemble mais il ne faut pas venir à Sapporo uniquement pour ça car vous risqueriez d’être déçus.
Le lendemain, nous continuons de parcourir les rues de Sapporo sur des trottoirs enneigés et hyper glissants. Des distributeurs jalonnent les trottoirs et nous avons mis du temps à comprendre ce qu’ils contenaient. En fait, ce sont des sachets de sable que les japonais utilisent pour éviter de glisser.
A Sapporo, Il n’y a pas de vieux quartiers comme dans les villes du sud du Japon, mais essentiellement des immeubles sans âme, ornés d’énormes panneaux publicitaires et sans aucun intérêt architectural.
La région d’Hokkaido est connue pour avoir la meilleure qualité des produits de la mer dans tout le Japon ! C’est notamment dû au fait que les eaux qui entourent l’île sont extrêmement riches en poissons et fruits de mer.
Un des meilleurs endroits pour s’en rendre compte est le marché de Nijo. C’est un endroit riche en couleurs et en odeurs de la mer, rythmé par les cris des vendeurs de poissons et où les prix des produits défient toute concurrence !! Et s’il y a une spécialité qui se démarque au marché de Nijo, c’est sûrement le crabe. On peut en effet y trouver le crabe royal, qui se distingue par sa couleur rouge vive et sa taille démesurée, et le crabe d’Hokkaido, plus petit et plus savoureux, particulièrement apprécié par les japonais. Pour satisfaire les touristes, les marchands proposent de choisir un crabe et de le cuisiner sur place. Nous n’allons pas nous en priver, un régal ….
Quelques monuments à voir à Sapporo:
La Sapporo Clock Tower, construite en 1858, c’est un des symboles de la ville de Sapporo. Son architecture de style occidental s’explique notamment par le fait que les États-Unis ont soutenu le développement de Sapporo à cette époque. Aujourd’hui, la Clock Tower de Sapporo est devenue un musée.
Le bâtiment de l’ancienne préfecture, la préfecture rouge, surnommée "akarenga" (briques rouges), qui a nécessité près de 2,5 millions de briques made in Hokkaido pour être réalisé
Sapporo: ses rues lumineuses, ses enseignes monumentales et son effervescence nocturne
Jour 3: Parc National Shikotsu-Toya- lac Toya
On quitte la ville pour nous rendre au Lac Toya.
Mais auparavant, nous faisons une halte surprise chez Ioan et Noriko à la Homestead Hokkaidian pour un atelier culinaire autour de la “sea food”.
Au menu soupe de légumes avec potiron, pad choy, oignon, sikaté et carottes (uniquement des produits locaux provenant des fermes environnantes)
Coquilles saint Jacques, crabe
Porc de la ferme avec légumes grillés
Compotée de pommes
Après un verre d’accueil à base de grenade, de vinaigre d’ Ume et d’eau gazeuse, Ioan commence par nous expliquer l’importance de la mise en place à la japonaise de tous les ingrédients, soigneusement lavés, pesés et disposés dans des petits plats individuels. Puis nous procédons à la découpe des légumes, des poissons et nous apprenons la technique de coupe avec de véritables couteaux japonais, en appliquant un angle de coupe spécifique pour obtenir des tranches fines et régulières.
Ioan nous explique que la cuisine japonaise est un véritable art, elle est caractérisée par son élégance, sa précision, son respect des ingrédients et la recherche de l’équilibre des saveurs (sucré, salé, amer, acide et umami, cette cinquième saveur si caractéristique, au cœur de nombreuses préparations)
Un régal pour les yeux et les papilles, le tout dans un environnement très agréable avec une cuisine de professionnel, des hôtes charmants qui nous reçoivent dans une magnifique pièce baignée de lumières douces tamisées par les parois transparentes des murs, et surtout la présence de Hobby, le jumeau de Tosca qui surveille chacun de nos gestes.
Nous quittons nos charmants hôtes pour rejoindre notre hôtel situé au bord du Lac Toya dans le Parc National de Shikotsu-Toya (en référence aux noms des deux lacs de caldeira se trouvant dans le parc: le lac Shikotsu, deuxième lac le plus profond du Japon avec 265 mètres, entouré de volcans actifs et le lac Toya, un lac pittoresque avec une île centrale, encadré par le volcanique mont Usu.) Ce lac Toya,abrite une célèbre station thermale au bord du lac, et accueille de nombreux touristes, principalement une clientèle chinoise, ce qui signifie que le village est composé de grands complexes hôteliers, impersonnels, sans l’ambiance japonaise si particulière.
Nous sommes bien loin des ryokans avec onsen que nous avions testé lors de nos précédents séjours au Japon. Nous logeons à l’hôtel Toya Kohan Tei qui propose des chambres traditionnelles. Une caractéristique commune avec les chambres de style japonais: Des tatamis au sol avec un sas d’entrée où les chaussures doivent être enlevées avant d'entrer par une autre porte de style japonais dans la pièce composée d’une table basse et de deux petits fauteuils. Les futons sont conservés dans une armoire et sont dépliés au moment où nous prenons le repas.
Jour 4: Parc National de Shikotsu-Toya- Noboribetsu
Jigokudani, ou la Vallée de l’Enfer, est un site géothermique célèbre pour ses sources chaudes bouillonnantes, ses cheminées de vapeur sulfatée, et ses paysages colorés.
Avec son paysage lunaire aux odeurs de souffre, la vallée de l’enfer porte bien son nom. C’est un lieu incontournable, mais la majorité des sentiers sont fermés à cause de neige, ce qui nous empêche d’explorer le lieu. Nous profitons malgré tout de l’odeur caractéristique et nous bravons les démons Oni, protecteurs de la montagne, jalonnant le site et rappelant aux visiteurs qu’ici, on respecte avant tout la force des éléments.
A proximité, le village Onsen, bâti non loin des sources naturelles, abrite un grand nombre d’hôtels, proposant aux résidents des bains traditionnels. Mais ce village ne présente aucun charme, nous passons la nuit dans un de ces hôtels, dans une chambre traditionnelle, appelée washistu et profitons d’un magnifique onsen (photo interdite) . Dans ce genre de séjour, le rituel est simple: bain, puis repas traditionnel vêtu du yukata fourni par l’hôtel avant de retrouver la chambre, équipée des futons.
Au Japon, le bain chaud (appelé onsen) est bien plus qu'un simple moment de détente. Le bain dans un onsen est réputé pour ses bienfaits sur le corps et l'esprit, et à juste titre: riches en minéraux, ces eaux sont connues pour soulager les raideurs musculaires, apaiser les douleurs et abaisser la tension artérielle, tout en stimulant la circulation et en laissant la peau douce et soyeuse. Mais la magie ne réside pas uniquement dans l'eau. Les onsen, souvent conçus avec des matériaux naturels et dans des cadres paisibles comme des jardins traditionnels, des vues sur les montagnes et des rocs enneigées, constituent une détente incomparable, permettant de se déconnecter du monde extérieur et de se reconnecter à soi-même. C'est un rituel profondément ancré dans la culture, transmis de génération en génération. Pratiqué chaque soir, il symbolise la purification du corps et de l'esprit avant le repos nocturne.
J5- Kushiro
Nous reprenons la route pour nous rendre à Kushiro, là où vivent les grues à couronne rouge. Nous faisons de nombreuses haltes pour faire des photos sur la route.
Le paysage devient plus sauvage avec de grandes étendues vierges recouvertes de neige, dominées par les montagnes volcaniques avoisinantes. Il y a des monts Fuji partout !!!
Petit détour pour nous rendre sur la côte, près de l’embouchure de la rivière Tokachi, qui se transforme en hiver en une galerie scintillante d’œuvres d’art naturel, connues sous le nom de bijoux de glace. Ces formations de glace sont crées lorsque la glace, formée dans la rivière, se jette dans l’Océan Pacifique. Malheureusement, les températures n’étant pas suffisamment basses, il n’y a plus aucun blocs de glace sur la plage; juste un petit survivant que nous avons quand même pris en photo
Traversée de petits villages de pêcheurs, perdus au milieu de ces grandes étendues et qui semblent complètement abandonnés.
La ville de Kushiro séduit moins par son patrimoine culturel que par son atmosphère portuaire, elle est en revanche réputée pour offrir l’un des plus beaux couchers de soleil du pays, à admirer depuis le pont emblématique de Nusamai-bashi.
L’architecture rigoureuse de la ville et les températures glaciales, nous donnent l’impression d’être en Russie plutôt qu’au Japon. Heureusement, il persiste un vieux quartier, le quartier Suehirosha, fidèle à l’image que l’on se fait du Japon, avec ses ruelles faiblement éclairées, encombrées de fils électriques, ses restaurants reconnaissables grâce aux petits rideaux accrochés à l’entrée en guise d’enseigne (on les appelle des noren), les fenêtres éclairées, les nombreux distributeurs de boissons dans des endroits improbables, des parkings éclairés uniquement par le distributeur…
Le soir, nous dinons au restaurant emblématique de Kushiro, le Robata, tenu depuis des décennies par une vieille dame qui propose une cuisine autour du robatayaki (technique locale de grillade lente au charbon). Installée devant son grill, elle élabore les menus à base de produits de la mer fraîchement péchés, sous les yeux des clients installés au comptoir. A elle seule, elle gère une douzaine de clients sans que l’on ait besoin d’attendre!!!
J6- Kushiro
Le lendemain, après une courte nuit nous nous rendons sur les sites de nourrissage des grues. Suivant les conseils d’un ami photographe qui nous a conseillé d’arriver tôt, nous nous levons à 4H pour assurer. Quelle bonne idée!! Seuls sur place, nous avons fini notre nuit dans la voiture et c’est seulement vers 8h que les photographes ainsi que les grues sont arrivées. On saura pour demain que l’on peut faire une grasse matinée.
Tsurumidai: Premier site d’observation des grues à couronne rouge (tanchō en japonais)
Cette espèce en voie de disparition a été préservée grâce à l’initiative des fermiers de la région qui, depuis 1962, leur ont crée un sanctuaire en les protégeant et en leur fournissant de la nourriture pendant la période hivernale.
Nous passons un long moment à les observer et nous assistons à leurs danses très gracieuses et élaborées, un spectacle fascinant de courbettes, de sauts et de battements d’ailes. Pour le mâle, c’est toute une chorégraphie pour séduire sa belle: “je saute en l’air, je déploie mes ailes pour montrer ma force, je rejette la tête en arrière en laissant sortir un son guttural destiné à séduire, je me rapproche de ma belle, je la frôle, je la regarde, et je chasse tout intrus qui voudrait s’immiscer dans ce dialogue de séduction…”. Plus qu’un simple rituel de séduction, cette danse renforce les liens qui unissent les tanchos pour la vie. Même les couples, établis de longue date, continuent à l’exécuter, réaffirmant leur connexion, année après année, mais leurs mouvements sont aussi une forme de communication, de jeu et un moyen de s'exprimer.
Au final quelques centaines de photos , l éditing est difficile !!!
J7- parc national Akan-Mashu- Lac AKan
Un dernier passage d’observation des grues avant de quitter Kushiro , nous allons à Tsurui-Ito Tancho Sanctuary: un autre site de nourrissage, initié par les habitants de la région en 1962. La distribution de nourriture, composée de maïs, est distribuée en hiver et ajustée en fonction du nombre d’oiseaux présents.
Moins de photos le deuxième jour car je n’ai pas fait attention à mes réglages, au lieu d’être en prise continue, mon appareil était réglé sur une fonction de bracketing drone, complètement inutile dans ce cas et je m’en suis aperçue tardivement.
Puis nous poursuivons notre périple en direction de Ainu Kotan, un village traditionnel Aïnou, au bord du lac Akan où vivent une centaine d'aïnous. Ce peuple indigène habite le Nord de l’île et leur culture ancienne est caractérisée par une langue unique, des croyances religieuses axées sur un profond respect de la nature, des danses traditionnelles et des rituels d'envoûtement. En nous promenant dans le village, nous sommes frappés par l’importance culturelle de cet endroit. Les magasins regorgent de sculptures raffinées représentant des hiboux, des aigles et d’autres animaux, chacune reflétant le lien spirituel profond qui unit les Aïnous à la nature. Nous passons deux nuits à La Vista Akangawa, un luxueux refuge situé dans la forêt au bord d’une rivière à proximité du lac, au milieu d'un parc abritant de nombreux cerfs et biches.
Déjeuner avec un excellent ramen aux fruits de mer dans un petit restaurant tenu par un aïnou qui semble un artiste connu de la communauté, au vu des nombreuses affiches qui placardent les murs (j’ai oublié de faire une photo mais on les voit sur la vidéo))
Malheureusement le site est aussi très touristique et de nombreuses activités annexes polluent cet endroit (scooter des neiges sur le lac gelé, luge, tentes sur le lac pour la pêche, voitures stationnées sur le lac, attractions pour les enfants, musique dans des hauts parleurs ..)
Après cette longue journée, voici venu le temps du réconfort: nous rejoignons notre magnifique chambre donnant sur la rivière, encore quelques photos de pose lente puis Philippe se prépare pour le traditionnel bain, équipé de son petit panier fourni par l’hôtel, le masque pour le visage, les chaussettes blanches (tabi), les sandales , le yukata et la sur-veste. Mais attention, le Yukata se portant comme une robe de chambre,il faut veiller à ce que le côté gauche s’enroule sur le côté droit. Cette étape est cruciale, car le croisement inverse est réservé aux funérailles. Ensuite, direction restaurant , libérant ainsi, la chambre et permettant au personnel d’installer les futons.
J8- Parc national Akan-Mashu- Lac Mashu
Réveil devant la vue apaisante de la rivière qui coule sous notre fenêtre dans la lumière du matin, suivi d’un petit déjeuner japonais, face aux biches qui cherchent désespérément de la nourriture sous le neige. Cet endroit est incroyable !
Direction le lac Mashu, magnifique lac de caldéra, célèbre pour la couleur de son eau, le « bleu Mashu », une teinte soutenue due à ses eaux incroyablement claires et profondes. Avec au premier plan, les arbres qui se dressent comme des sculptures gelées, leurs branches recouvertes d’une fine couche de glace. Paysage à couper le souffle, même si nous n'avons pas pu aller là où nous voulions car la route est fermée.
À défaut d'emprunter la route en voiture, nous l'empruntons à pied mais nous sommes vite obligés de faire demi tour car nous enfonçons trop dans la neige fraîche
Ensuite nous nous rendons vers un autre lac dans les environs pour aller observer les cygnes chanteurs, également très gracieux et d’une grande douceur. iIs profitent des sources d’eau chaude durant l’hiver, sous les yeux des habitants venant profiter de l’ onsen situé juste à coté. Le cygne chanteur doit son nom à ses nombreuses vocalisations, il est en effet assez bruyant et émet régulièrement des sons et ce n’est qu’en hiver que le cygne chanteur peut être observé à Hokkaido.
Le cygne chanteur ne doit pas être confondu avec le cygne tuberculé. La couleur du bec permet de faire la différence entre les deux espèces. En effet, si le bec du cygne tuberculé est orange, celui du cygne chanteur est jaune avec la pointe noire.
Dommage, nous n’avons pas amené de serviettes, nous ne pourrons pas profiter des eaux chaudes de cet onsen.
J9- Péninsule de Shiretoko
Nous quittons ces magnifiques cygnes pour reprendre la route avec de nombreux arrêts!!
Direction le Nord-Est pour rejoindre le parc national de Shiretoko, un des parcs nationaux les plus beaux et les plus préservés du Japon (il a été ajouté en 2005 à la liste des sites du patrimoine mondial). Cette région est l’un des endroits les plus sauvages du Japon, sur la pointe de la péninsule, sur plus de 50km, il n’y a aucune route et seule la nature règne en maitre sur ces terres sauvages La pointe ne peut être vue qu’en bateau ou être atteinte lors de randonnées de plusieurs jours.
Les voyageurs en visite pour la première fois pourraient s’interroger sur la signification du terme « shiretoko ». Ce dernier provient du mot « sir etok » en aïnou, qui signifie « l’extrémité de la Terre » ou « l’endroit où la Terre sort ». Shiretoko abrite une faune importante et une flore diverse, comprenant notamment des renards, des cerfs, des ours bruns.
En hiver, la côte de la péninsule, le long de la mer d’ Okhotsk se charge de glaces dérivantes (ryuhyo) provenant du fleuve Amour de Russie (frontière naturelle entre la Chine et la Russie). Cette glace flottante vient s’écouler dans le détroit situé en face de l’île Sakhaline, déversant ainsi ses blocs de banquise qui vont progressivement se répandre dans la mer d’ Okhtosh et arriver aux large des côtes d’ Abashiri dès fin Janvier. Cette glace attire alors de nombreux oiseaux marins, dont les majestueux pygargues de Steller.
La pêche est l’activité principale à Utoro. Le port de Utoro très actif en été, se met à l’arrêt dès que la banquise se forme.
Lorsque le printemps arrive, les préparatifs pour la pêche au filet fixe commencent. Chaque filet mesure 2km et de grandes grues sont utilisés pour réparer et préparer les filets, un processus qui dure environ 3 mois. Les marées rapides et les fonds marins abrupts nécessitent des techniques spéciales, notamment la pose de filets fixes sous marins par des équipes de pêcheurs ayant suivi une formation spéciale. Quinze lignes de filets fixes sont posés dans la zone marine, chacune pouvant capturer plus de 40 tonnes de poissons par jour pendant la saison de pêche en automne et il n’est pas rare que les prises quotidiennes dépassent 500 tonnes.
80% des prises locales proviennent des filets fixes.
Le saumon kéta est la principale espèce pêchée, suivi du saumon rose. Il y a également des maquereaux, des morues, des poulpes, des crabes, des coquilles saint jacques, des calmars… En tout, huit variétés de saumon sont pêchées dans la zone maritime de Shiretoko. La région consacre ses efforts à des programmes d’élevage et de remise à l’eau des saumoneaux afin d’assurer la stabilité des prises tout en préservant l’environnement naturel.
Pour garantir la fraîcheur, la rapidité est essentielle, presque tous les poissons pêchés tôt le matin sont expédiés avant midi. Après avoir été péchés, les poissons sont refroidis dans la glace pendant leur transfert vers le port, sont transportés dans des bacs et ensuite dirigés vers les usines de transformation.
J10- J11- Péninsule de Shiretoko
Marche sur la banquise
Changement de temps, les températures sont brutalement remontées, passant de -10 à +8 degrés et cela risque de compromettre notre marche sur la glace car les blocs s’éloignent vers le large.
Nous allons cependant pouvoir marcher sur la banquise avec des combinaisons étanches et sèches (l’eau est à -3 degrés) mais vu les conditions de glace, les blocs se sont détachés les uns des autres et sont devenus très instables. Nous allons pouvoir tester les équilibres ! De nombreuses chutes sont à déplorer dans l’eau et il faut veiller à ne pas se faire piéger par les blocs qui bougent et se rapprochent les uns des autres, risquant alors de nous emprisonner.
Sortie wild life à la recherche des aigles.
La région d’ Abashiri est célèbre pour l’observation hivernale de rapaces majestueux, notamment le pygargue de Steller et le pygargue à queue blanche dont l’envergure des ailes peut atteindre 2,5 mètres.
Ces aigles marins sont observés le long de la côte de la mer d’ Okhotsk et près des glaces dérivantes. Je ne rapporterai que le certificat d’observation car les aigles étaient trop éloignés pour les photographier correctement.
cette photo n’est pas de moi mais c’est pour montrer à gauche un jeune pygargue à queue blanche et à droite un pygargue Steller adulte
Alors que nous cherchons désespérément les aigles dans les arbres, au dessus de nos têtes, j’octroie une pause pour na nuque et me retourne vers la banquise pour photographier les marcheurs. Arrivée à la maison en regardant mes photos, je découvre qu’il y avait sur la glace un aigle, je ne l’avais pas vu. Quel dommage, il était tout près, facilement photographiable avec le 500mm!!
Comme quoi l’œil du photographe doit tout scanner et regarder dans toutes directions, et ne pas rester seulement sur son sujet. Bonne leçon d’humilité.
J12- Sunkyo
Nous quittons Shari en reprenant la route empruntée deux jours auparavant. Les conditions météo ont de nouveau changé durant la nuit, les températures sont devenues glaciales et la mer s’est recouverte de glace en une nuit.
image @nippon voyage
En s’éloignant de la côte, on arrive dans une région très agricole, comme le prouvent ces immenses étendues de neige recouvrant les champs de culture, et ces nombreuses fermes aux toits colorés. Contraste entre les zones surpeuplées du Sud du Japon, et ces zones agricoles où la densité ne dépasse pas les 37 habitants au Km2.
Un aperçu de la région en été: ces espaces immaculés en hiver, deviennent des champs de fleurs géants, qui étalent leurs rayures de couleurs. Les japonais, habitués aux reliefs accidentés et aux micro parcelles du reste de l’archipel, sont friands de ces paysages vallonnés et colorés. L’été, ce sont des hordes de touristes qui viennent visiter la région .
Ensuite, nous retrouvons le Japon sauvage avec le Parc National de Daisetsuzan. (Son nom signifie "grandes montagnes enneigées", faisant ainsi écho aux cinq montagnes dont il est composé). Cet endroit est qualifié de paradis blanc arctique à Hokkaido, il est célèbre pour ses chutes de neige abondante et son froid extrême avec des températures atteignant -20 degrés.
Nous passons la nuit dans l’hôtel de Sunkyo
J12- Retour sur Sapporo
Le magnifique lac Aoike dont l'image, à titre purement anecdotique, a été utilisée comme fond d'écran sur les ordinateurs Apple, doit son nom à sa couleur bleu profond, dues aux minéraux naturels dans ses eaux. Devenu un lieu touristique, “instagramable” , le site accueille de nombreux touristes '( chinois essentiellement) l’étang fait partie d’un système de contrôle de l’érosion qui a été construit pour empêcher des dommages dans la région de Biei en cas d’éruption par le mont Tokachidake à proximité.
ça, c’est le lac tel qu’on l’a vu
ça, c’est le lac que l’on espérait voir
@copyright japon voyage
Une petite série que je rêvais de faire sur les arbres, Hokkaido est l’endroit idéal pour le faire avec ces grands espaces vierges de toute trace humaine. En été, la culture florale colore ces vallons et ces grandes étendues deviennent des palettes de couleur, les champs se couvrent de tulipes, de colza, de coquelicots, de lupins, de lavande….. offrant un agréable paysage complètement différent.
Deux derniers jours à Sapporo
Passage à Otaru, connu pour son canal, creusé au début du XXᵉ siècle pour faciliter le déchargement des marchandises venues de la mer du Japon.
C’est aujourd’hui un endroit très touristique.
A voir: le canal bordé d’anciens entrepôts de pierre transformés en cafés, boutiques et la rue principale jalonnés de multiples magasins et ….
Le musée des boîtes à musique d’Otaru est situé dans un entrepôt historique rempli de milliers de boîtes à musique. Il attire de nombreux chinois et fait le bonheur des enfants qui peuvent eux même construire leurs boites à musique avec la musique de leurs choix et le format qu’ils souhaitent.
Un peu plus loin sur la côte, loin des touristes, les jolis cailloux d’ Ebisu et de Daikoku qui se baignent dans la Mer du Japon.
Ces deux rochers – iwa – sont des shintai : à l’intérieur de ces entités physiques résident des êtres spirituels. A gauche se trouve Ebisu, représentant le Dieu des pêcheurs, à droite Daikoku représentant le Dieu de la richesse .Les deux vous apporteront fortune même si cela ne semble pas vraiment le cas pour le village environnant.
Retour sur Sapporo avec la neige qui recommence à tomber et redonne à la ville cette ambiance si sympathique. Nous écourtons notre rituel bain dans le onsen pour sillonner les rues de la ville, armés de notre appareil photo. Il est 17h30 et la nuit test déjà tombée sur Sapporo, les japonais s’empressent de rentrer chez eux et de fuir le vent glacial qui s’abat sur la ville, alors que d’autres préfèrent retrouver la chaleur réconfortante d’un restaurant
Dernier jour, une grosse tempête s’abat sur Sapporo ce qui va compromettre notre retour car notre vol va être annulé. Heureusement nous ne l’apprendrons que plus tard, ce qui nous permet de profiter sereinement de cette dernière matinée.
Tout d’abord, quelques photos dans les rues enneigées.
Sur le chemin de l’aéroport , on va s’arrêter sur la colline de Bouddha.
Le cimetière de Makomanai Takino, là où se trouve le Bouddha, surprend déjà par sa superficie : il mesure plus de 180 hectares. Situé en pleine nature aux environs de la ville de Sapporo, il offre une perspective unique et fort étrange. Ce sont d’abord des répliques de Moai, les célèbres statues de l'île de Pâques, avec leurs énormes têtes et leurs corps enterrés, qui ouvrent la route.
Le Bouddha, de 13 mètres de haut et de plus de 1500 tonnes, est entouré d’une colline de champs de lavandes, évidemment recouverte de neige, en ce moment. Toutefois, cette colline a une ouverture à son sommet, laissant dépasser le haut de la tête du Bouddha.
Entièrement autodidacte, Tadao Ando est l'un des plus grands architectes du XXᵉ siècle. Son travail aspire à créer des espaces de refuge, en alliant minimalisme des formes et intégration des éléments naturels comme l'eau, la végétation, la lumière…
C’est la fin, on rend la voiture et on s’apprête à passer 24h dans les aéroports du fait de l’annulation de notre vol à cause de la tempête. Dormir sur les sièges d’un aéroport, ce n’est pas si mal !!!
Si vous ne me connaissez pas et vous voulez savoir qui se cache derrière ces lignes, quelques instants pris par Philippe
Et si voulez encore plus d’images avec un autre regard, allez sur le blog de Philippe https://philofdrones.com/blog/hokkaido
